‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 76 sur 85 · S. JEAN, SEUL AUTEUR POSSIBLE DES ÉPÎTRES ET DE L'ÉVANGILE · texte numérisé non relu

S. JEAN, SEUL AUTEUR POSSIBLE DES ÉPÎTRES ET DE L'ÉVANGILE

Le mot rocofôrepes a deux sens. Dans son acception primitive 1l signifie plus âgé, plus ancien ; puis il a servi à désigner les prêtres parce qu’ils étaient choisis parmi les anciens. Or, ici veut-il dire vieillard ou prêtre? Il n’y avait pas de prêtre dans l’Église qui pût se dire ainsi le prêtre par excellence. Mais il existait, à la fin du premier siècle, un vieillard, un seul vieillard, dernier survivant des disciples ayant connu le Christ et qui, par son âge, occupait dans la société chrétienne une situation unique et en vue de tous.Il était le seul apôtre, le patriarche, le témoin de la vie, de la mortet de la résurrection du Sauveur, le monument vivant de la fondation de l’Église et de ses premiers combats, leseul descompagnons de Jésus échappé au martyre; sa vie se prolongeait tellement au delà des limites assignées à l’existence humaine que le bruit courait parmi les frères qu’il ne devait pas mourir (1). En entendant dire l’ancien, personne nepouvait s’y tromper et seul il était autorisé à se désigner en tête d’une épître par ce mot : 6 mpeoébrepoc. |

Lui seul, d'autre part, pouvait, à la fin du siècle, faire accepter le quatrième évangilequi présente d’une

(1)Joan., xxt, 23.

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manière si nouvelle et, à certains égards, si différente des récits, alors répandus, les faits de la vic du Christ. Le théâtre est tout autre : les premiers évangélistes commençaient l'exposé de la vie publique de Jésus par ses prédications en Galilée et dans le nord de la Palestine et ne nous le montraient guère à Jérusalem que dans les derniers jours de sa vie. D’après le livre qui porte le nom de S. Jean, c’est en Judée que commence la mission du Christ (1), et nous

le voyons, tous les ans, prêcher dans le temple de

Jérusalem et parcourir les contrées autour de la ville sainte. Les épisodes racontés ne sont pas du tout les

mêmes. Les autresne nous avaient rien dit des noces . de Cana (2), ni de la Samaritaine (3), ni du paralytique

de Béthesda (4), ni de la femme adultère (5), ni de la guérison de l’aveugle né et de la curieuse enquête

faite par les pharisiens sur ce miracle (6), ni de la - résurrection de Lazare (7), ni du lavement des pieds

avant la cène-(8), ni de l’incrédulité de lapôtre Thomas (9), ni de l’apparition de Jésus ressuscité sur les bords du lac de Tibériade (10). Et le discours après la

la cène (11), pouvait-il être cru de la bouche d’un

homme qui ne l’eût pas entendu lui-même ? Evidemment non. Que les premiers évangiles ne rapportent

(1) Joan., 1, 19-28.

(3) — 1v, 5-42, (4) — v, 2-15, (Bb) — vit, I Er, (6) — 1x, 1-41.

(8) — xiu, 2-17.

(9) — xx, 24-29.

(10) — xx7, 1-14.

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