‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 78 sur 85 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

S'AINT MATTHIEUT

Si nous n'avons jusqu'ici rien dit de S. Matthieu, c’est que son nom n’a pas été prononcé dans la controverse relative aux luttes de S. Paul et des Judéochrétiens. On ne sait à peu près rien ni de sa vie ni de sa mort. L'Église assigne à l’évangile qui lui est attribué le premier rang quant à la date parmi tous les écrits apostoliques. On ne relève aucune preuve extrinsèque ou intrinsèque permettant de confirmer ou d’infirmer le témoignage de la tradition à cet égard. |

S. Matthieu expose une doctrine et des faits semblables à ceux que nous trouvons dans les évangiles de 5. Marc et de S. Luc. Toutes les observations que nous ont suggérées ceux-ci peuvent lui être appliquées. Il se distingue par l'abondance des discours : c’est lui qui nous a conservé lesermon sur la montagne(r). En rapportant, telle qu’il l’avait recueillie de la bouche même du Sauveur, la formule du baptême, S. Matthieu précise la notion nouvelle de la divinité que nous entrevoyions dans les épitres de S. Paul : « Allez, ensei-

(1) Matth, v, 1, 1.

gnez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (1).» Son œuvre est bien certainement antérieure à la prise de Jérusalem et elle ne contient pas la trace d’interpolation que la critique rationaliste a notée dans la prophétie de la ruine de cette ville par S. Luc. Il est donc inutile de nous arrêter plus longtemps au livre de S. Matthieu.

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