SUITES DE L'AFFAIRE DE LA CIRCONCISION EN GALA TIE
Qu'il y ait eu des Juifs convertis rêvant d’unir les Hébreux et les Gentils dans le judaïsme au lieu de les fondre dans le christianisme, cela n’est pas douteux et on le savait. Mais qu’un apôtre se soit proposé cet idéal, voilà qui est nouveau et qui serait énorme. C’est
cependant le rôle que M. Renan, d’après l’école protestante de Tubingue, attribue à Jacques, qui aurait organisé dans les églises de Paul une contremission pour battre enbrèche sa personne etsa doctrine. D’Antioche ces émissaires se seraient répandus dans la Galatie, et Paul dut se défendre contre leurs attaques.
Nous aurions son plaidoyer dans lalettre aux Galates. Il résulte de cette épître que les chrétiens de. la Galatie furent troublés par les manœuvres de Juifs dont l’apôtre n’indique ni le nom ni l’origine. Ils prétendaient que, pour être sauvés, les chrétiens devaient se faire circoncire et observer les prescriptions mosaïques. L’apôtre les réfute, en établissant que le principe du salut est dans la foi en Jésus-Christ et non dans les œuvres de la loi (r). Ses adversaires, pour infirmer son aulorité, insinuèrent sans doute que, n'ayant pas, comme les autres disciples, vécu avec le Sauveur, sa doctrine n’avait pas été puisée à une source aussi pure et que son apostolat ne présentait pas le même caractère. On peut du moins le conjecturer d’après l’argumentation de Paul qui établit : 1° qu'il n’a reçu sa mission d'aucun homme, pas même des apôtres, mais du Christlui-même qui lui est apparu après sa résur- rection (2); 2° que son enseignement n’en est pas moins de tous points semblable à celui des apôtres et que ceux-ci lont reconnu ; $ qu'il est en parfaite communion avec eux et notamment avec Jacques (3). Si donc, après cela, les troubles des Églises de Galatie avaient été fomentés par ce dernier, cette conduite
(1) Gal., n, 16 ef seq.
eût été celle d’un menteur et d’un traître, et Pau n'aurait pas manqué de dire ce qu'il en pensait. Il s’agit donc encore là de ces « faux frères qui se sont ‘faufilés dans l’Église » et qu'il a soin de bien distinguer des véritables apôtres. Ce sont eux qu'il retrouvera à Corinthe et qu’il qualifiera de faux apôtres, d'artisans de fourberies, de ministres de Satan. Ce sont les sectaires pharisiens de l'assemblée de Jérusalem qui n’avaient reçu, comme le remarque la lettre aux chrétiens d’Antioche, aucune mission de l'Église ; ce sont les premiers des hérétiques.