‹ Autonomie et fédérationChapitre 13 sur 32 · HOBBES KT LOCKE SUR LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

HOBBES KT LOCKE SUR LE GOUVERNEMENT

taudis que le second appelle aussi l'attention sur les maux et les dangers de l'autre espèce d'anarchie, à savoir, de celle consistant dans le pouvoir absolu, qui n'est point contrôlé et qui ne peut pas être contrôlé par la loi, et qui, comme nous l'avons vu, est possédé par tous les gouvernements souverains sur leurs sujets.

Les principaux maux de l'état de nature résultent de l'absence des mesures de prévoyance, telles que les offre un gouvernement, pour assurer la paix et la justice parmi les hommes. Dans cet état il n'existe ni loi connue et fixe ou règle de justice, ni un pouvoir capable de contraindre à se soumettre à cette dernière. Les jugements des hommes relativement au bien et au mal dilïèrent grandement, et sont souvent très erronés ; c'est pourquoi, dans une foule de cas où ils ne peuvent s'accorder sur ce qui est jusle, le seul moyen de régler les différends et de maintenir la paix entre eux consiste à nommer un arbitre qui établisse d'avance et applique à chaque cas particulier les règles de la justice, et à obliger toutes les parties de se conformer à ses décisions. « Dans le cas d'une discussion au sujet d'un compte, dit Hobbes, les parties sont obligées de reconnaître, comme droite raison, la raison de quelque arbitre ou juge, dont elles acceptent l'une et l'autre la sentence, ou bien leur discussion finira nécessairement par des coups ou restera indécise, faute d'une raison droite naturelle ; et il en est ainsi de toute discussion, de quelque espèce qu'elle soit. » En outre, puisque l'on

demande à l'arbitre non pas un simple avis ou ur.o exhortation, mais le règlement des différends par contrainte et la réparation des torts, il doit posséder un pouvoir suffisant pour imposer l'obéissance à ses lois et sentences par la punition de ceux qui y désobéissent ; car, selon l'observation de Blackstone, « rien ne contraint si ce n'est la punition » . Ce qui est donc nécessaire pour assurer la paix et la justice parmi les hommes, c'est une autorité suprême, ou un gouvernement auquel tous sont obligés d'obéir, et qui aie pouvoir d'établir, d'appUquer et d'imposer les règles de la justice. Là oîi il n'y a pas une telle autorité pour restreindre les passions des hommes, où chaque individu est libre de faire à autrui tout ce qui est en son pouvoir, et où il est lui-même juge dans sa propre cause, il ne peut y avoir ni justice réelle, ni paix réelle pour qui que ce soit, mais une guerre perpétuelle ou la crainte de la guerre. « Dans la nature de l'homme, dit Hobbes, nous trouvons trois principales causes de querelles. La première est la rivalité; la seconde, la méfiance; la troisième, la gloire. Par la première les hommes attaquent pour le gain ; par la seconde, pour la sécurité ; par la troisième, pour la réputation. La première fait qu'ils usent de violence pour s'emparer des hommes, des femmes, des enfants et du bétail ; la seconde, qu'ils en usent pour se défendre; la troisième, qu'ils en usent pour des bagatelles, telles qu'un mot, un sourire, une diflérence d'opinion, ou toute auti e marque de mésestime adressée directement à leur personne,

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