UNIFICATION DES NATIONS
frein, un modérateur pour assurer une nouvelle discussion des questions litigieuses, et est en réalité subordonnée à la Chambre des communes, à la volonté de laquelle elle est tôt ou tard obligée de se conformer. Le gouvernement britannique, dit M. Mill, « est ainsi un gouvernement représentatif dans le sens exact du mot ; et les pouvoirs, qu'il abandonne à des mains qui n'en doivent pas directement compte au peuple, peuvent seulement être considérés comme des précautions que l'autorité souveraine consent à prendre contre ses propres erreurs ». M. Dicey remarque que les diflérentes règles et coutumes de la doctrine constitutionnelle ou, comme il les appelle, « les conventions constitutionnelles D , qui ont été établies dans ce pays par l'influence croissante des commettants, et ont peu à peu changé le gouvernement en fait, tout en lui conservant le même nom, visent toutes au même but final. « Ce but est d'arriver à ce que le parlement, ou le cabinet indirectement nommé par le parlement, fasse à la longue prévaloir les volontés de ce pouvoir qui, dans l'Angleterre moderne, est le vrai souverain pohtique de l'État, et qui s'appelle la majorité des électeurs, ou, pour me servir du terme populaire, quoiqu'il ne soit pas complètement exact, de la
nation Les conventions de la constitution, dit-il
encore, consistent maintenant en coutumes qui (quelle que soit leur origine historique) sont aujourd'hui maintenues pour assurer la suprématie de la Chambre des communes, et, en dernier res-
sort, de la nation par la Chambre des communes. »
En conséquence, puisque les représentants élus par le peuple sont les souverains réels dans ce pays et dans d'autres où existent des formes de gouvernement populaire, une union politique égale de ces pays peut seulement être effectuée en réunissant leurs représentants en un seul corps souverain, que ce corps consiste en une seule assemblée, comme dans le Royaume-Uni, ou en plusieurs assemblées distinctes agissant collectivement, comme dans les les États-Unis. Dans le système représentatif les nations contractent de fait une union politique exactement de la même manière que les différentes parties d'une même nation, à savoir, en réunissant leurs représentants dans un seul corps souverain, de sorte que toutes les questions, dont la solution exige la contrainte, soient décidées, non par la guerre ou la pression diplomatique, mais par une discussion loyale, publique, et le vote d'une majorité. Ainsi, les articles essentiels dans les traités d'union entre l'Angleterre et l'Écosse, et entre la Grande-Bretagne et l'Irlande, sont ceux qui ont réuni leurs parlements ; dans le premier il est déclaré que « le Royaume-Uni sera représenté par un seul parlement », et dans le second « qu'il y aura un seul parlement, appelé le parlement du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande ». D'autre part, quand M. Parnell et le parti nationaliste demandent ou ont demandé l'exclusion des membres irlandais de la Chambre des communes et la formation d'un