‹ Autonomie et fédérationChapitre 7 sur 32 · LES NATIONS ONT-ELLES LE DROIT DE SE SÉPARER · texte numérisé non relu

LES NATIONS ONT-ELLES LE DROIT DE SE SÉPARER

bien, tandis que celle possédée par une nation pour elle seule est une indépendance anarchique, accompagnée de tous les maux et de tous les dangers effrayants de l'anarchie, car toutes les fois qu'il existe plus d'un gouvernement suprême ou souverain, il est évident que les différents gouvernements souverains sont à l'état de nature ou d'anarchie l'un visà-vis de l'autre. C'est l'indépendance dans l'union, et non dans la séparation, qui est un bien réel pour l'humanité.

Quant à la question de savoir si une nation a le droit, d'après la loi morale et l'équité, de vivre séparée des autres et de conduire seule ses propres affaires, il me semble qu'en bonne justice les nation? devraient être légalement unies entre elles et quey chacune d'elles devrait avoir voix délibérative dans' la conduite des affaires qui les intéressent toutes ensemble. Selon l'observation de M. Mill, il y a une immense différence entre les actes d'un homme qui le concernent seul et ceux qui concernent d'autrefj personnes ; les premiers sont réellement sa proprd affaire, et il devrait avoir le droit de les conduire' seul à son gré ; mais les seconds sont autant l'affairf des autres que la sienne propre, et le droit de le conduire appartient à ceux-ci autant qu'à lui-même L'affaire la plus importante qui intéresse le genr humain et dans laquelle tous devraient avoir voix délibérative, ce sont les règles de la justice qu consistent essentiellement dans la défense faite à ur homme ou à une nation de nuire aux autres , de les tuer ou de les asservir, de les dépouiller, frustre y ou opprimer. « Les règles morales, dit IVL Mill-

Page 1