FÉPÉUATIOIS DU GE.MIE HUMAIN
tique et pourvues de droits et de privilèges égaux. Tel est, je crois, le grand but auquel l'humanité devrait aspirer et tendre, selon la thèse soutenue avec une grande ardeur dans les derniers numéros du National Reformer par un grand nombre des membres les plus capables et les plus distingués du parti de la Libre Pensée, comprenant M""" Besant, « D », M. J.-M. Robertson et M. W.-P. Bail. Dans le meeting en faveur du Home Rule tenu à Saint- Jame's Hall, M"* Besant a dit : « Nous espérons que cette union avec l'Irlande serait le premier pas vers une union plus vaste qui plus lard unira tous les pays dans une grande république. Ce que les radicaux espèrent, c'est que toutes les nations puissent conduire leurs affaires locales à leur gré, et qu'audessus de toutes les nations il y ait un vaste parlement où toutes feraient entendre leur voix — le parlement de cette république anglaise qui embrasse toutes les parties habitables du globe ». « Un libéral intelligent , écrit M. D., peut-il douter un seul instant que l'avenir de la politique libérale ne soit dans le développement de l'Union fédérale? » et il ajoute, en citant Tennyson, que « l'espoir de l'avenir est dans le parlement du genre humain, dans la fédération du monde ». « La vraie fédération, dit M. Robertson, est un grand idéal — un idéal qui, en vérité, sera seulement réalisé d'une façon complète, quand les nations jusqu'ici armées les unes contre les autres conviendront d'enterrer leurs jalousies. » Et dans une lettre relative au tunnel de la
Manche, M. Bail dit : « Il est possible qu'à la longue le tunnel soit une bonne chose qui aide à fonder les Etats-Unis de l'Europe. Mais j'aimerais mieux que les Etats-Unis de l'Europe amenassent la création du tunnel, puisqu'ils l'empêcheraient d'être un danger pour nous. » L'idée de la fédération impériale de l'Angleterre et de ses colonies a pris rapidement faveur dans le public pendant ces dernières années, et sa réalisation serait un immense pas en avant, mais la fédération des nations indépendantes ou étrangères, entre lesquelles il y a des chances de guerre, me paraît être d'une plus grande importance. Si la fédération doit être désirée, ce n'est pas uniquement pour augmenter les forces de l'Empire, c'est surtout pour introduire la loi et le gouvernement dans la société des nations et faire cesser l'état de nature ou d'anarchie.
Aussi longtemps qu'un gouverneiïïent commun international ne sera pas établi parmi le genre humain, il ne peut pas y avoir de loi internationale dans le sens propre du mot, ni de droits et devoirs légaux entre les nations, mais seulement des droits et des devoirs moraux ; il ne peut pas y avoir de limites légales au pouvoir des gouvernements souverains existants sur leurs sujets, et les premiers ne peuvent avoir ni droits ni devoirs légaux à l'égard des derniers, niais seulement des droits et des devoirs moraux ; en un mot, les rapports des nations entre elles et des gouvernements souverains avec leurs sujets ne seront pas contrôlés par la loi et resteront