‹ Autour d'EmersonChapitre 20 sur 53 · SD ES · texte numérisé non relu

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; qu’en des vergers bruissants d’abeiïlles. » « Le moindre 2 À objet se fait équilibre à lui-même et au tout. » Dans un : AU | jardin, le froid, le chaud, l'air, l’eau, le feu, l'humidité : 4 |

(2) VIT, 156. k Fr (2) VII, 142, seq, et IX, Musketaquid. HPONR

se concentrent. Voyez l'arbre, seigneur du lieu et magicien émérite, détrousser l’air pour grandir, tel un voleur de grand chemin (1).

Ayons une pépinière, faisons-nous un calendrier de fruits et de fleurs. Sur notre jardin s’épanouissent les constellations. Pour mieux étendre les frontières de son empire, comme il se donnera l'illusion de détenir le magnétisme terrestre en portant une boussole dans sa poche, lhorticulteur philosophe possédera un télescope et contemplera, projetant la terre dans l'infini, Jupiter et les Pléiades (?).

Pour comprendre et pour nous appropier la nature Emerson recommande une éducation spéciale. Elle se ramène au réalisme intégral, à la prise de contact avec les faits tels qu’ils sont par la connaissance et par l’acte :

Nous ne savons nous servir ni de nos mains ni de nos jambes, ni de nos yeux ni de nos bras. Nous ne savons pas nous orienter sur les étoiles ni lire l’heure au jour du soleil. Tout au plus savons-nous nager et patiner. Nous avons peur d’un cheval, d’une vache, d’un chien, d’un chat, d’une araignée. Mieux valait la règle des Romains qui n’enseignaient rien à l’enfant qu’il ne pôt l’apprendre debout (®).

La meilleure université, c’est une ferme. Le fermier «est un réaliste et non un dictionnaire». La maison du fermier est un des rouages essentiels de l’univers. L’homme complet n’est pas le scholar, l’homme des livres, mais l’homme de la nature. L'université est moins sage que l'atelier, le pont des passagers l’est moins que la dunette.

Voilà pourquoi l’Indien, le trappeur, le chasseur et le marin éveillent en nous un intérêt insatiable. Emerson

(2) Journal, V, 250-251.

admire également l'instinct des bêtes, celui du cheval et du chien en particulier. Il voudrait savoir quelle est la boussole qui guide les oies sauvages où les harengs dans leurs migrations. Le chien jouit dela connaissance; comment? Problèmes qui passent toutemétaphysique(!).

Rien de plus rare et de plus admirable en un homme que l’acuité primitive des sens et la perfection de l’instinct jointes à la sagesse rationnelle. Il les trouvait dans les fermiers de Concord ses voisins, et, entre tous, dans Thoreau, reconnaissable au portrait que trace Emerson de l’homme idéal. Il sait les retraits et les secrets des bêtes et des plantes. Comme l’abeilleet l’écureuil il peut suivre l’eau dans tous ses méandres et la forêt dans tous ses recoins. Il connaît les champs, leurs fleurs et leurs fruits mieux que le fermier lui-même. Par un retour d’atavisme il semble que l’Indien et ses ruses se réincarnent en lui (?).

A l’érudit, à l’écrivain et au poète le travail des champs est indispensable. Il avive et aiguise nos facultés. Pour naître et se développer les puissances intellectuelles ont besoin de«l’antagonisme du monde rude». Le « travail manuel est l’étude du monde extérieur». Pour rien au monde Emerson n’abandonneraït à autrui le soin de cultiver son jardin qui lui refait une vigueur nouvelle ($).

Bon citoyen de sa petite ville, il prenait part sans vergogne aux affaires municipales, voire aux comices agricoles. Il aimait le rude sens pratique des ruraux, «ces docteurs non pas en droit mais en terre, experts à convertir une marnière en champ fertile», et à faire pousser le pommier à la place de l’herbe folle (‘). À ces « vieux

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