‹ Autour d'EmersonChapitre 21 sur 53 · STI · texte numérisé non relu

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Saxons » il trouvait une ressemblance avec leurs pommiers et leurs pins, engendrés qu’ils étaient de la même fibre que leurs arbres, « consciencieux ouvriers puisant leur science à même les vaisseaux porte-sève de ces farouches personnages » (les arbres). Il vante cette «rudesse sauvage naturelle à l’homme dont l’Angleterre même, avec toute sa culture, ne saurait se passer». « Dociles et silencieux », doux et modestes, Emerson oppose les rustiques à l’homme des villes et à ses vices (1). Il ne prétend pas les peindre couleur de rose. Il admire en eux quelque chose de « nécessaire et de fatal». Leur beauté est celle de la nature. Comme la voile suit le vent, ainsi obéissent-ils au commandement des saisons et à l’économie du sol et des récoltes. Rude labeur et petit gain, leur génie est une longue patience. La nature ne se presse point, ainsi qu’on l’apprend sur un yacht, à la chasse ou à la pêche et dans un verger. «Le fermier se met au temps de la nature et acquiert cette longue patience de toute l’existence qui est la sienne.» Pour réaliser ses fins la nature emploie non des soldats, des professeurs ou des lecteurs de Tennyson, mais «les hommes d'endurance, profonds de poitrine, à la longue haleine, des hommes rudes, lents, sûrs et patients (2) ».

Au contact des éléments Le terrien apprend la docilité et le silence. Sa science et le pouvoir qu’il a de transformer la matière le laissent sans orgueil. S'il ne brille pas dans un palais, du moins fait-il bonne figure dans l’univers. [l rappelle Adam, le premier homme, l’Indien, Agumemnon ou Achille. Milton, Firdousi et Cervantes trouveraient en lui une pièce et rapport de l’antique na-

ture, comparable à la lune et au soleil, à l’arc-en-ciel et

au déluge. « Dans la solitude, dans les bois, tout homme

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