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pour la connaissance des premiers siècles chrétiens, plus que la sympathie légitime pour le croyant qui, ayant cherché la formule scientifique de sa foi et l’avant trouvée, la propose loyalement à ceux qui, cherchant aussi, ne savent pas trouver ; il y a eu comme une sorte d'adhésion contenue à un système dont on ne semblait voir ni la réelle fragilité, ni l'esprit foncièrement anticatholique. On aurait pu croire que le refuge ménagé au dernier débris de la foi protestante servirait également d'asile à un catholicisme érudit et distingué. -
Cependant les personnes qui se sont fait une spécialité de dénoncer les périls de l'Église ne semblaient pas soupçonner celui-là. Peut-être ne voyaient-elles pas que la diffusion d’une philosophie générale qui ramène tout l'Évangile et tout le christianisme à la seule foi du Dieu Père était quelque chose de plus grave que les témérités d'exégètes qui croient devoir abandonner l’historicité de Judith, ou celle des premiers chapitres dela Genèse, ou l'authenticité mosaique du Pentateuque. On pouvait aussi se demander si les savants qui se considèrent comme les
apologistes officiels de l'Eglise ne comprenaient
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pas la nécessité de remettre au point la perspective de l'histoire évangélique et chrétienne, ou si la difficulté d'opposer synthèse à synthèse les arrêtait, ou s'ils flairaient quelque danger dans l’entreprise. Peut-être y a-t-1l une part de vérité dans chacune de ces trois hypothèses.
Alors quelqu'un eut honte, pour l'Église, de
ce silence humiliant. Vous connaissez, Monsieur
le Doyen, l'histoire d'un certain Firmin, qui avait commencé, depuis 1898, dans la /evue du clergé français, une série d'articles théologicoapologétiques sur la religion, la révélation, le culte israélite, dont la publication fut subitement interrompue, en novembre 1900, par un acte de l'autorité ecclésiastique. Firmin avait été, pendant cinq ans, catéchiste de jeunes filles ; c’est pour elles qu'il s'était remis à l'étude de la doctrine et de Papologétique chrétiennes, après douze ans passés dans l’enseignement des langues orientales et de l'exégèse biblique.
S'appliquant à l'histoire des dogmes, il choisit pour guide le Cardinal Newman et reprit son idée du développement chrétien, pour l’opposer aux systèmes de MM. Harnack et A. Sabatier.
Il fut amené ainsi à rédiger un ouvrage assez
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étendu où il traitait des théories générales de la religion, de la religion en elle-même et de la révélation, de la religion d'Israël, de Jésus- Christ, de l'Église, du dogme chrétien, du culte catholique. C’est aux premiers chapitres qu'il avait emprunté les articles de la Revue du clergé français. C'est dans les derniers quil puisa L'Évangile et l'Église. Comme les idées condensées dans l'essence du christianisme étaient celles qui dominaient l’Hisfoire des dogmes, en vue de laquelle Firmin avait écrit ses méditations théologiques, la transposition
était facile. Ainsi parut le petit livre.
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Firmin croyait avoir le droit de montrer que la religion catholique, dont il fait profession, n'est pas étrangère à l'Évangile de Jésus. Mais, en matière d'hypothèses ou de théories qui sont réclamées par un état donné de la science, on ne réfute véritablement que ce que l’on remplace, et il n'y aurait pas eu beaucoup plus d'intérêt que de profit à critiquer par le menu toutes les assertions de M. Harnack; mieux