HA CRE
valait proposer, sur le sujet en discussion, des vues générales qui pussent à la fois satisfaire l'historien et le croyant. Ou Firmin devait se taire, comme ont fait les gens prudents, ou il devait faire ce qu'il a fait, ébaucher une synthèse historique du développement chrétien, à partir de l'Évangile.
Il serait bien osé d'affirmer que cette synthèse est tout élaborée dans l’enseignement ordipaire de l'Église, dans les manuels de théologie et d'histoire ecclésiastique, ou dans les ouvrages d'apologétique. Firmin ne connaît aucun livre catholique où soit exposé, dans sa physionomie native, le fait évangélique, où soit exactement décrit le rapport historique de ce fait avec le développement constitutionnel, dogmatique et cultuel du catholicisme. Les livres de séminaire n'ont sur tous ces points que les vues abstraites de la théologie scolastique. Firmin n'a pas songé un seul instant à transporter dans son petit écrit ces constructions doctrinales qui n’ont que l'apparence de l'histoire. Il devait aborder le sujet en historien. C'est ce qui explique le caractère de son essai.
L'histoire ne saisit que des phénomènes, avec
PATUTEE
leur succession et leur enchainement ; elle perçoit la mamifestation des idées et leur évolution ; elle n’atteint pas le fond des choses. S'il s’agit des faits religieux, elle les voit dans la limitation de leur forme sensible, non dans leur cause profonde. Elle est, à l'égard de ces faits, dans une situation analogue à celle du savant devant les réalités de la nature, petites et grandes. Ce que le savant perçoit n’est qu’un infinid'apparences, unemanifestation de forces; mais la grande force cachée derrière tous les phénomènes ne se laisse pas toucher directement par l'expérience. Dieu ne se montre pas au bout du télescope de l'astronome. Le géologue ne l'exhumera pas en fowllant l'écorce de la terre. Le chimiste ne pourra l’extraire du fond de son creuset. Bien que Dieu soit partout dans le monde, on peut bien dire qu'il n'est nulle part l'objet propre et direct de la science. Ilest aussi partout dans l'histoire de l'humanité, mais il n'est pas plus un personnage de l’histoire qu'il n'est un élément du monde physique. Est-ce que l'histoire de la religion se présente comme une révélation immédiate et totale de l’Être divin ? N'apparait-elle pas comme un lent progrès dont
É chaque étape suppose celle qui la précède, et £ prépare celle qui la suit, étant elle-même condi- 4 ionnée par toutes les cireonstances du présent ?° . Cette histoire, même dans l'Év angile, est une stoire humaine, en tant qu'elle se produit dans humanité. C'est comme homme, non comme eu, que Jésus est entré dans l'histoire des hommes.
… Pas plus que la description de la nature, la - des ription de l'histoire ne peut affecter la forme 1e oraison ou d'un acte de foi. On n’écrit pas histoire à genoux, les veux fermés devant le mystère divin. Et comme le naturaliste ne nie pas Dieu en nous racontant le monde, l'historien ne nie pas davantage, il ne détruit pas le surnatu- 1 |de la religion, ni la divinité du Christ, ni l'Esqui agit dans l Église, ni la vérité du dogme, la surnaturelleefhicacité des sacreménts, quand c écrit le ministère de Jésus dans les humbles tions de sa réalité, le développement extéeur de l'institution ecclésiastique, celui de la ctrime chrétienne et celui du culte catholique. E-- naturelle . choses, selon