APRES
dit très clairement, dans sa préface, qu'il se plaçait, comme M. Harnack, au point de vue de l’histoire. Les personnes qui se sont jetées sur L'Évangile et l'Église, et qui, sans vérifier l’ex- posé des faits, se sont appliquées à en déduire toutes sortes de conclusions hétérodoxes, ne semblent pas s'être doutées que, si les faits sont ce qua dit Firmin, ce n'est pas lui, mais ses agresseurs qui ont travaillé à l’ébranlement de la foi. Firmin était catholique aussi radicalement que M. Harnack était radicalement protestant ; il ne contestait aucun dogme, et il en venait même à les justifier tous ; il admettait la divinité du Christ aussi bien que l'existence de Dieu, mais il n'avait à prouver ni l'une ni l'autre. On pouvait discuter sa méthode, mais comme il n'avait, en aucune hypothèse, le droit de mentir, le premier devoir de ses critiques aurait été d'examiner l'état réel des questions. Tout le reste n’était que raisonnements dans le
vide, déclamation superflue et agitation stérile.
Æ s . x TE nf SRE RE AP
ns fre
La méthode que Firmin a suivie s’imposait à lui. L’argument d'autorité, si familier aux théologiens catholiques, ne servait de rien pour la critique d'un écrivain protestant et de vues philosophico-historiques sur l’origine et le développement du christianisme. Toutefois, si Firmin na pas invoqué la tradition dogmatique
du catholicisme, ce n’est pas seulement parce
que M. Harnack et tous les protestants déclinent
cette preuve, c'est que celle-ci n’est point recevable dans l’ordre de l’investigation historique.
On peut éclairer la foi par l’histoire, mais non fonder l'histoire sur la foi. Démontrer la légitimité du développement catholique par linfallibihté de l'Église serait faire un cercle vicieux, puisque l'infaillibilité fait partie du développement, qu'elle ne peut se démontrer par elle-même, et qu'elle a plutôt besoin d'être prouvée et expliquée. Il y aurait contradiction à sup-
poser qu'une définition ecclésiastique rendrait
historiquement certain un fait de l’ordre humain
qui serait indémontrable par ailleurs. La démons-