‹ Autour d'un petit livreChapitre 40 sur 111 · JEAN, xx · texte numérisé non relu

JEAN, xx

d’esprit pour l'adaptation de l’image à l'idée. Même la chronologie doit rentrer dans le symbolisme général du livre ; elle paraît fondée sur le nombre mystique de sept semaines d'années, qui conviendrait à l’âge du Messie, une demisemaine, autre chiffre messianique, élant réservée pour la carrière publique de Jésus.

Il me semble, Monseigneur, que les récits du quatrième Évangile sont entièrement symboliques, et que les données historiques qui y ont trouvé place n’y sont pas à raison de leur caractère primitif, mais à raison du sens qui y a été rattaché. Si l’on veut rester dans l'esprit de l’évangéliste, il ne faut pas vouloir trop distinguer la doctrine théologique, la tradition historique et l'interprétation symbolique, comme si ces trois éléments étaient juxtaposés. La théologie de l'incarnation et le principe du symbolisme, étroitement associés, dominent tout.

Quelque départ que le commentateur soit tenté de faire dans les matériaux de l'allégorie, l'Évangile n’est pas à prendre comme une œuvre mêlée d'histoire et de fiction : c’est la révélation sensible, parfaitement une, du Verbe-Christ.

Dans son enseignement, le Christ johannique

est censé dire toujours des paraboles !. L'évangéliste, qui interprétait en allégories les paraboles synoptiques, n'a probablement pas vu que les siennes appartenaient à un genre tout différent. Chez lui, Jésus énonce des vérités célestes sous des symboles terrestres ?. Toute l’économie des discours et l’artifice des dialogues sont fondés sur cette idée de la parabole à double sens. Chaque fois que le Christ johannique se met à enseigner, qu il s'adresse à Nicodème, à la Samaritaine, à la masse des Juifs, ou bien à ses disciples, il commence par énoncer une proposition qui contient, sous une image sensible et symbolique, une vérité religieuse ; l'auditeur se méprend sur la signification du symbole, qu'il prend à la lettre ; au lieu de dissiper l’équivoque, Jésus poursuit le développement de son allégorie, si bien que ses interlocuteurs n'en savent pas plus, d'ordinaire, à la fin de l'entretien qu'au début ; mais le lecteur a reçu toute l'instruction que l’évangéliste se proposait de lui donner.

Le thème de ces instructions est le même qui

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