‹ Autour d'un petit livreChapitre 42 sur 111 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

Lorsque vous avez lu pour la première fois L'Évangile et l'Église, vous ne pensiez pas qu'on pût suspecter la pensée de l’auteur sur la divinité du Christ. L'objet du livre n'était-il pas bien déterminé dans la préface ? « On ne s'est nullement proposé, disais-je, d'écrire l'apologie du catholicisme et du dogme traditionnel. Si l’on avait eu cette intention, le présent travail serait très défectueux et incomplet, notamment en ce qui regarde la divinité du Christ et l’autorité de l'Église. On n’entend pas démontrer ici la vérité de l'Évangile ni celle du christianisme catholique, mais on essaie seulement d'analyser et de définir le rapport qui les unit dans l’histoire. Le lecteur de bonne foi ne s'y trompera pas. » Et comme vous étiez un lecteur

de bonne foi, Monseigneur, vous ne cherchiez pas dans mon livre autre chose que ce que j'y avais voulu mettre. Vous saviez qu'un livre d'histoire n’est pas un livre de théologie, et qu'esquisser la physionomie historique de Jésus n’est pas analyser les définitions des conciles touchant la consubstantialité du Fils et du Père, l'union hypostatique et lunité de la personne du Christ en deux natures, la divine et l'humaine.

D'autres ne l'ont pas compris, et Votre Grandeur a bien voulu me dire que, si j'avais le droit de dédaigner les commentaires malveillants, je pouvais donner d'utiles éclaircissements aux personnes qui n'ont connu mon livre que par le fâcheux tapage dont il a été l’occasion. « Tout chrétien, disait Fénelon, loin d’entrer dans des disputes, doit au contraire s'expliquer de plus en plus, pour tâcher de contenter ceux qui ont eu de la peine sur ses premières explications. » Vous pensez, Monseigneur, qu’une explication sur la divinité de Jésus-Christ, sans raison d'être dans le mauvais petit volume, est opportune maintenant. Je me rends à votre conseil.

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