‹ Autour d'un petit livreChapitre 44 sur 111 · Acr. n1, 23-24, 36. Cf. x · texte numérisé non relu

Acr. n1, 23-24, 36. Cf. x

2 119 = « Seigneur Christ », glorifié dans la résurrectioti, est l'objet de la foi chrétienne, comme le Christ préexistant « en forme de Dieu ». Jésus de Nazareth est le prédicateur et le thaumaturge que tout le monde a connu.

C'est cette distinction très simple, faite dès l’origine par Pierre et par Paul, mais souvent négligée depuis, qui est à la base de L'Évangile et l'Église. J'ai voulu exposer la forme historique de l'apparition du Christ; et cette forme est celle du « serviteur » et de « l’homme ». J’ai voulu la chercher et la montrer telle que le Prince des apôtres l’avait vue, telle que l’Apôtre des Gentils se la représentait. Comme Jésus ne marchait pas sur la terre dans l'appareil de la divinité, je n'ai pu, parlant en historien, anticiper dans l'Évangile toute la gloire de l'avenir. Je n'avais qu’à interroger les témoignages les plus certains concernant l'action et l’enseignement du Sauveur. Or, pour ce qui est de l’action et des faits extérieurs, l'impression des premiers croyants, très facile encore à reconnaître dans l'Évangile et dans les Actes, a été celle-ci : Jésus a passé en faisant le bien, guérissant, parce que Dieu était avec lui, ceux que le démon opprimait

par les maladies ; crucifié par jugement de Ponce- Pilate,sur la dénonciation des prêtres, il estressuscité le troisième jour après sa mort, et il est ainsi devenu Christ et Seigneur ; la preuve de sa dignité messianique est dans cette résurrection même, et la gloire dont il jouit se manifestera dans son prochain avènement. Quant à l’enseignement, Jésus avait prêché la pénitence en vue du royaume des cieux, c'est-à-dire en vue d’un jugement de Dieu qui était près de s'exercer sur les hommes, et d’un nouvel ordre de choses, ère de pur bonheur dans la parfaite Justice, que ce jugement devait inaugurer. Voilà ce que les disciples du Sauveur avaient vu; voilà ce qu'ils avaient entendu et retenu. Ils savaient, avant la passion, et Jésus lui-même avait déclaré à ses juges qu’il était le Messie promis à Israël. C’est ainsi que leur foi suivit Jésus dans la mort, et qu'elle le retrouva dans la gloire. L'historien constate, il ne peut faire autrement que de constater ces faits, qui sont l’histoire même de l'Évangile

On a dit que, dans ces conditions, la Christ de l’histoire serait bien au-dessous du Christ de

la foi, que ce ne serait pas le même, que A. Loisx. — Autour d'un petit livre. 8

l'Évangile de Jésus et la foi de l'Église seraient une double illusion, Mais si ces conclusions étaient fondées, ce n’est pas l'historien qu'il faudrait incriminer, et ceux qui expriment de semblables raisonnements seraient bien imprudents. Les faits sont les faits, et la première conclusion à en tirer, s'ils sont ainsi, c’est qu'ils ne sont pas autrement. Une montagne de syllogismes ne peut rien contre un grain de sable en nature. Il ne s'agit que de savoir si la représentation du fait évangélique, dans L'Évangileet l'Église, est suffisamment conforme à la réalité. Pour l'appréciation du fait, il sera bon de relire saint Paul, qui en jugeait de plus près que nous :

« La folie de Dieu est plus sage que les hommes, et sa faiblesse plus forte... Dieu a choisi ce qui est fou selon le monde, pour confondre les sages, et ce qui est faible, pour confondre ce qui est fort. » L'apôtre concevait donc la distinction de l’apparence historique et de la réalité de foi comme upe antithèse, comme un contraste équivalant presque à une contradiction rationnelle. Est-il si surprenant qu'une histoire exacte de l'Évan-

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