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la rémission des péchés, et le don de l'Esprit se substitue à la promesse, L'institution de l'Église par le Christ ressuscité n’est donc pas un fait tangible pour l'historien. Ce que l'historien perçoit directement est la foi à cette imstitution, la foi qui inspire les récits et qui se traduit dans les discours du Christ aux apôtres. C'est la continuité de la foi qui fait pour l'historien la continuité de l'Évangile et de l'Église “ carla: fo1.à Jésus ressuscité continue la foi à Jésus Messie, et l'Église, institution de pardon pour le royaume céleste, continue l’action de Jésus prêchant la pénitence en vue du règne de Dieu,
La représentation de foi, dans les récits évangéliques, a simplifié grandement l'histoire, mais elle laisse entrevoir au critique une partie de la réalité complexe qu’elle interprète. Elle lui révèle d'abord ce fait signicatif: la communauté apostolique a pris conscience d'elle-même, de son autonomie et de sa mission providentielle, en s’affermissant dans la foi à la résurrection du Christ et à sa présence au milieu des siens, à l'assistance permanente de son Esprit.
Mais cette conscience ne s'est pas dégagée o Bio]
nettement du prenuer coup. Ce n’est pas deux jours, ou dix jours, où sept semaines après la passion, que les apôtres galiléens ont compris que leur devoir était de prêcher l'Évangile à tout l'univers. On voit encore très bien, dans les Actes, qu'ils ont été amenés graduellement à cette idée par la force des choses et par saint Paul. La notion de l'Église a grandi à proportion des progrès de l’évangélisation, et en conséquence de la rupture avec le judaïsme. Les paroles du Sauveur, dans les quatre Évangiles, supposent acquise l'expérience de la génération apostolique. On ne peut y voir une sorte de charte constitutionnelle qui aurait été libellée dès l’origine en paroles inviolables. Les variantes qu'on y remarque prouvent surabondamment que la tradition n'a pas craint de les retoucher. Le critique y reconnait l'expression d'un fait vivant ; il ne peut les vérifier comme témoignage d’une volonté particulière qui aurait été formulée à un moment donné, en termes précis, par le Christ. Ainsi done, pour l'historien qui se borne à la considération des faits observables, c'est la foi au Christ qui a fondé l'Église ; au point de
vue de la foi, c'est le Christ lui-même, vivant
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