Sess. vir, de confirmatione, en
C’est évidemment l'Église qui a développé ainsi le rite baptismal, et la distinction formelle des deux sacrements n’appartient pas à l'histoire du christianisme primitif. Mais la théologie est libre d'admettre une distinction virtuelle, qui se réalise selon le besoin de la commu-
nauté, par l'autorité de l'Église en qui vit le
Christ.
HI
Le concile ! décrète que le Christ est réellement et tout entier présent dans l’eucharistie ; que la substance du pain et du vin ne demeure pas sous les espèces après la consécration, mais qu'il y a transsubstantiation, c'est-à-dire changement, par substitution, de toute la substance du pain au corps, et de toute la substance du vin au sang du Christ; que la messe est un véritable sacrifice, institué par le Sauveur; que les
apôtres ont été faits prêtres par les paroles :
1. Sess. x1n1, de eucharislia, en. 1-2; Sess. xx11, de sacrificio missae, en. 1-2; Sess. xxx, de ordine, en. 1.
« Faites ceci en mémoire de moi », et que Jésus à institué ainsi un sacerdoce visible et perpétuel.
Ce sont là, Monsieur le Supérieur, des vues de foi, et d'une foi qui se définit selon les conceptions philosophiques du moyen âge. Pensez-vous que les apôtres, pendant la dernière cène, aient eu l’idée bien nette de la transsubstantiation, de la permanence du Christ tout entier sous les espèces du pain et du vin, qu'ils aient eu conscience d'être désormais des prêtres, qui remplaçaient, dans la nouvelle alliance, le
sacerdoce d’Aaron et le ministère des lévites ?
Et nous-mêmes, savons-nous maintenant aussi
bien que les Pères de Trente ce que c’est que substance et ce que c’est qu’accident, pour concevoir aussi facilement qu'eux une substance
corporelle sans apparence, et une apparence
sans substance ? N'’est-il pas évident que la définition philosophique de la présence réelle s’est lentement élaborée et finalement déterminée en vue des hérésies qui tendaient plus ou moins à faire du sacrement un pur symbole, et que la vérité du sacrifice de la messe doit s'entendre par rapport à une notion particulière du sacri-
fice, que les théologiens eux-mêmes ont quelqüe peine à interpréter ? Toute l’histoire de l’eucharistie est un témoignage de la foi grandissante. Pour la foi, c’est le témoignage que le Christ vivant se rend à lui-même dans l'Église, qui vit par lui. Et il en fut ainsi dès le commencement.
Je ne puis faire ici la critique des récits de la dernière cène. Le plus complet est celui de saint Paul !; mais quand on l’examine de près, 1l est assez malaisé de distinguer rigoureusement ce qui peut venir de la tradition primitive, ce qui peut être la relation du dernier repas, d’après ceux qui y avaient assisté, du commentaire théologique et moral que l'apôtre en a fait.
Saint Paul est le théologien de la croix, de la mort rédemptrice, et il interprète visiblement, d’après sa théorie de l'expiation universelle, la cène commémorative de la mort.
Je crois et jai dit que la doctrine de Paul a influencé la rédaction du second Évangile et, par l'intermédiaire de Marc, celle du premier. Il me paraît assez clair, en effet, que