‹ Autour d'un Racine ignoréChapitre 25 sur 71 · UN DES FAIX RACINK I M usée de Toulousel · texte numérisé non relu

UN DES FAIX RACINK I M usée de Toulousel

1677 à 1682, Racine est très avant dans les bonnes grâces de la favorite. Il ne lui refuse pas (elle Ta fait nommer historiographe) un voluptueux livret d'opéra, Phaëton : il ne peut donc lui refuser de poser devant son cher Mignard.

Parmi les descendants de Louis j'ai recueilli une tradition selon laquelle leur dévot aïeul, s'il alla cacher à Langres certain portrait de son père, conserva soigneusement toute sa vie deux Mignard, à peu près contemporains, l'un représentant son père, Tautre le roi.

Ces portraits ont disparu. Que sont-ils devenus? De plusieurs côtés on m'a assuré '■ (j'ai conté l'histoire) que ce portrait aurait été détruit par un certain des Radrets ^

Le faux portrait imaginé par Louis. — Nous ne pouvons nous décider à reproduire un certain « Racine à trente-cinq ans ». Cette pitoyable image — le portrait appartient à Tun des petits-fils de Marie Racine (branche belge), dut être livré à notre aïeule Constance de la Groue, laquelle souhaitait posséder un portrait de son grand-oncle aux belles années. — On ne s'imagine pas comment Louis se représentait la beauté !... Il fait Racine, (il paraît que la miniature est de sa main) sous les trails d'une femme, une femme grasse et pas belle !... Oui, mais ce Racine-là cadrait avec le fade personnage dont il avait fabriqué la biographie.

1. Voir la première partie. Je peux citer entre autres, parmi mes « renseigneurs », un arrière descendant de Louis, l'aimable M. de Sachy, qui possède encore la pendule même du poète.

2. Dont quelques fort honorables descendants appartiennent à l'armée.

LE DE TROY. — Il est à Langres. C'est la perle de ce petit musée d'où, l'an dernier, des amateurs voulurent le faire sortir — on en oifrit des sommes énormes.

Ce fut en vain. Le musée de Langres n'appartient pas à la ville mais à une petite société artistique, dont tous les membres sont, dès lors, copropriétaires de ce tableau.

Authenticité. — Il provient de la famille même de Racine. L'indication (du cartouche) qu'il « appartint aux demoiselles d'Ablancourt, petites-nièces de Racine » est erronée. MM"*' d'Ablancourt étaient ses arrière-petites-fîlles (par Dorothée d'Ablancourt de Naurois, leur mère, fille de M»"" de Moramber, née Catherine Racine).

La dernière des d'Ablancourt, prénommée aussi Dorothée, une spirituelle et mordante vieille fille, légua à sa mort (1809) ce portrait à un gentilhomme érudit, M. de Giey S qui, bientôt, en fit lui-même legs au musée.

Depuis soixante-dix ans (1844) qull est exposé aux regards du public, il n'a jamais été discuté '. La Société historique, les journaux de Langres, l'ont toujours présenté comme le vrai et le seul portrait de Racine durant les jeunes années. On sait qu'il est à Langres depuis le second tiers du xviii° siècle. Louis y serait venu le cacher, (Louis cachait, grattait, maquillait mais détruisait peu) chez son neveu de Mo-

1. De son vrai nom Guyot de Valpelle, petit-gendre du maréchal de Villars, qui se fit appeler Giey de Villars. Les Langrois abrégèrent...

Page 1