‹ Autour d'une auberge [microforme]Chapitre 28 sur 37 · CHAPITRE XV, CONVERSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV, CONVERSION

La mort de Louis Boisdru causa une émotion ; üttense parmi la population. M. Héroux, profondémerit affligé, eut voulu saisir l'occasion de commenter re malheur pour en tirer des leçons salutaires, qui profiteraient à ses paroissiens. ‘Mais, en présence de la désolation et du deuil de la famille, il Pure ne faire

| aucune remarque en chaire.

Parmi ceux que la mort de Boisdru affecta plus

‘vivement se trouvait le Conseiller l’Ami. Cet homme avait de bons principes: il était malheureusement comme bon nombre de chrétiens qui, hélas | tout en’ se rendant compte de leurs devoirs, ferment parfois les yeux, sur les obligations qui leur incombent, sr par la passion, l'ambition, l'intérêt personnel, L’Ami se reprochait amèrement sa faiblesse.

“Je suis bien coupable, se disait-il, je suis coupable. Je me reprendrai; j'irai voir M. Héroux; je

, m'entendrai avec lui et l’aiderai de toutes mes forces, à réparer ie mal que j'ai fait. I! me pardonnera en

voyant la sincérité de mon repentir.”

vée?. Je suis coupable, je vous ai fait de la peine, et je m’en repens. Mais, M. le Curé, j'étais presque obligé d'agir ainsi. J'étais pris ; je devais à Selier, depuis deux ans, une somme | de $400.00 et les intérêts. Je ne sais pour quelle raissh cet homme tient fant à !’

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faire changer d’idée ; il parla longuement, mais ne put me convaincre. Se rendant compte que ses arguments ne produisaient aucune impression sur. moi, il eut recours à un autre moyen. Bien peu, M. le Curé, dans les circonstances où je me trouvais, auraient agi autre- É ment ; il menaça de me poursuivre si je n’acquittais, en trois jours, la somnie due à Sellier, ajoutant que si je sl signais un billet par lequel je m’engagerais à ne pas m'opposer à Bonvin, il me ferait du bon: & “ Je sais bien, M. le Curé, que la conscience et les

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ner 14 it de 'âie diet pur avan Lej dièns do rels; et qu’il yatit mieux tout perdre que de transiger avec les devoirs de la religion, aussi j'ai hésité tongtemps avant de rendre ma réponse. Enfin, comme M. Rougeaud ne demandait ma parole que pour un an, et que cette parole suffisait Pour éviter ma ruine-et celle de ma famille, j tie ns -. Je signai donc 4 engagement requis par Sellier.., ë

En disant ces paroles, l'Ami n'osait lever la-tête et pleurait,

“ J'étais pris, M. le Curé: et, pour cela, j je éroyais ma faute moins gräve..,. fn partant, pour prix de ma faiblesse, il me Éoait-aiirante piastres, je vous les apporte ; elles me Brit les mains.” | L’Ami téndit l'argent à M. Héroux Le tout dou ‘ cement, Jui répondit : 5

M l'Ami, il y a dans la vie fus ds: “OCcace où nous devons manifester Jane ne ce : ments chrétiens; lorsque l'Eglise, par la bouche. de ses . “Ministres, fait connâître aux fidèles la conduite: qu'ils — doivent tenir dans les ‘uestions qui touchent Je reli- : gion et la morale, tout chrétien doit être prêt à subir : certaines pertes plutôt - que de fransiger avec sa conscience. Dieu, mon..chèr ami, sait récompenser, : -quel- i'quefois même dès cette vie, les : Shrétiens: qui ont le gens leurs éonvictions religieuses. AR st le

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* Le Curé PR ensuite à l’'Ami s'il avait acquitté sa dette.

—Non, dit ce dernier, pas encore, je * ferai \—#Æh! bien, M. l’Ami, dit M. Héroux, gardez cet argent; il servira à vous acquitter, et combattez avec moi pour la cause de Dieu.

— Oui, certes, reprit d'Ami, vous pouvez compter sur moi.

: Soulagé par cette confidence, le Conseiller 1’ Ami rentra chez lui bien résolu à réparer sa Écran prose

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