‹ Autour d'une auberge [microforme]Chapitre 30 sur 37 · RS · texte numérisé non relu

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“Lorsqu'elle. donnie nat ou simplement T'inspire, l'Eglise est incapable d'échapper à certains défauts connus, traditionnels, inévitables. Quoi qu’elle fasse ce n'est point l’iistruction du peuple qui vient au premier rang de ses .Préoocupations : avarit de son- * ger À l’instruire, elle s'inquiète de le conserver sous son influence... De 1à, crainte exagérée du libre usage dés livres ; de là, la place que tient le catéchisme dans la classe ; de là, enfin, les ouvrages démodés qu'on trouve parfois entre les mains’ des enfants. …

“Certes, elles laissent une impression charmante, . ces petites écoles de la campagne de Québec, avec leur “äpparence si française, leurs enfants aux bonnes figures normandes, leurs maitres si convenables et, dans le

» voisinage, leur curé si sympathique, Mais elles laissent

aussi une impression d’archaïsme plutôt: ‘que de progrès. Et Ja chose n'est pas loin d'être impardonnable dans la jeune Amérique.”

rM. Rougeaud, reprit le Curé, ne voyez-vous

pas toute la perfidie de ces lignes? Les premières sont des calomnies : l'Eglise s'inquiète du salut de ses chers

“enfants, voilà pourquoi elle veut leur apprendre -tout d'abord la science principale : le catéchisme. Quoi ! swi- 'vant ces impies, pour être “à la mode moderne”, il | faudrait placer entre les mains de nos enfants des %- vres qui smettraient en danger LL vertu, Ja | morale d'un

| AomOUE D'un aumnos

| piété éssioiieit à implanter leurs fausses doctrines, leurs systèmes pervers, oh ! qu'ils auraient beau jeu pour détruire l'influence du clergé: Mais, notre peuple est

trop bon, trop attaché à sa foi, il a trop de respect pour

ses prêtres, voilà ce qui les frôisse, et pourquoi ils ne

-peuvent lui pardonner sâ soumission à l’autorité reli-"

N'est-ce pas que ces passages que je viens de lire : concondent avec. les idées avancés de M. Sellier? M. “ Rougeaud, prenons gande ! je le répète : il y a dans nos villes, des hommes payés pour nous calomnier de même que nos écoles. Des compatriotes se font l'écho de ces. menteurs qui marchent sur les traces de leur père: : Voltaire. : Ces hommes fünt une guerre sourde à nos institutions ; il cherchent en plus à entraver le bien que "fait de clergé; pour cela, ils osent prendre en pitié le ue canadien, qu'ils trouvent trop soumis -à ses prêtres. M. Sellier suit, lui aussi, le programme de - Ja secte. Ii ridiculise nos paroissiens, et calonmie une “excellente institutrice : parce qu’elle l'embarrasse. Re-marques que les mécontents ne m’ébranleront pas: : Melle Bommeterre restera à son poste, en dépit de less” .

arguments! | ee jui Yes oubliez que les commissaires véulént. un.

dr ner mare

M. AUTOUR D'UNÉ AUBERcE

. te d'ordinaire, on n'engage pas une institutrice sans | me consulter.

—Croyez-yous, reprit Rougeaud, que nous allons subir cet esclavage Plus longtemps. Comme le dit si bien, M. Sellier : l'engagement des maîtresses regarde

-les commissaires, pas les curés!

—M. Sellier est libre de dire ce qu'il veut, lui ; c’est: un étranger qui souffle ici Je vent de la discorde, I! voudrait convaincre nos gens, par ses discours, que le prêtre n'a de place nulle part : s'il est uné question, qui intéresse le clergé, c'est celle de l'enseignement, d'ailleurs ses menées pour consenver l'auberge parmi nous, les moyéns vils dont il se sert, me disent assez que cet homme n'a plus aucun sentiment religieux. C’est, encore une fois, la vengeance qui le pousse à critiquer l’ensei-

gnement qu'on donne à notre école. M. Rougeaud, vous faites une oeuvre malsaine ; le bon Dieu ne vous bénira pas.

—Comme cela, vous prétendez ?

—Je prétends que Sellier est un impie, et que vous êtes son bras droit. Je suis content d'avoir l’occasion

AUTOUR D'UNE AUBERGS

—Les commissaires demandent un changement: à se fera!

— Vous faites erreur, je suis allé aux informations ®t vous êtes seul à vous plaindre, vous et votre Sellier, le renégat!

A ces mots, Rougeaud, devint pâle de colère: il se leva et dit avec insolence : M. Sellier a parfaitement raison: ce sont les curés qui perdent la religion 64 voulant tout conduire ! é

M. Héroux d'un

je n'ai que faire de vos reproches ; si je me perds, cela ne vous regarde pas! Fe À ces paroles, M. le Curé de dire: Il est une affaire qui me regarde: Melle Bonneterre restera à son poste!

—Pour cela, jamais! Je m'y opposerai de toutes mes forces! Je la hais, je vous hais, je hais tous les Cürés du monde! - Le —Moi, je vous aime, dit M. Héroux avec douceur, J'aime votre âme; je voudrais vous sauver. Encore une fois défiez-vous de Sellier, c'est un chenapan| —Ne dites plus ceia, M. le Curé, ou je vous... et ce disant, il leva sa main sacrilège sur le prêtre qu'il

de. dit ce dernier! tu oubliés qui- ti - frappes! Tu oublies ces paroles de nos saints livres: Nolite tangere Christos meos, “Ne touchez pas à mes - Christs” ! -

Mais, déjà, Rougeaud ne l’entendait plus. Honteux . de: sa violence, il était sonti précipitamment. - Le dimanche suivant les commissaires s’assemblèrent moins Rougeaud : d'un commun accord on tenouvéla l'engagement de Melle Bonneterre.

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