Bartoli, / prinii due secoli délia lell. iial., p
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grands seigneurs, les comtes, les marquis eussent toujours auprès d'eux des Français pour apprendre notre langue à leurs fds et à leurs filles. » Dans les poèmes allemands, on rencontre souvent des vers français ; le chef des païens, Vairefils, s'exprime en français dans le Parsijal de Wolfram d'Eschenbach. Eu Sicile, aux temps de Guillaume le Bon, la charge de chancelier du royaume échappa au comte de Montescaglioso, frère de la reine, parce qu'il ignorait le français ^.
Si notre langue ne réussit pas à s'installer à Naples, malgré la dynastie d'Anjou, ni en Morée, malgré les princes francs, elle régna en Angleterre, sous les Plantagenets. Celui qui l'ignorait passait pour illettré ^ [idiota) et saint Wulfstan fut menacé, pour ce motif, de perdre son siège épiscopal ^. Presque tout le monde la comprenait couramment, car Richard I fit venir de notre pays des jongleurs pour célébrer ses louanges sur les places publiques ^\ des auteurs anglais tels que Mandeville et Gower préfèrent employer le français ; même, quelques-uns s'en servent pour des ballades populaires ^ On prêchait en français; les lois et les jugements étaient rédigés en français. Les rois ne comprenaient pas l'anglais ou du moins ne le parlaient pas. « Le propre vainqueur de Crécy, Edouard III, ne parvint pas, dans une circonstance solennelle, à reproduire exactement une phrase anglaise.... Vers le milieu du xii*^ siècle, l'anglais semble à peu près éteint comme langue littéraire... Le célèbre évêque de Lincoln, Robert Grosse-Tête, ne compte que deux langues, le latin pour les clercs, le français pour les ignorants. A la fin du xiii^ siècle, Robert de Gloucester se plaint que, seule peut-être dans le monde entier, l'Angleterre n'ait pas conservé sa propre langue... et que ceux qui ne parlent qu'anglais ne soient toute leur vie que des gens de rien... En 1300, l'auteur du Miroir de justice fait choix du français comme étant le langage « le plus entendable de le commun people »: — « le doulz françois, écrit un Anglais, est la plus bel et la plus gra- « cious language et plus noble parler, après latin d'escole, qui soit au « monde et de tous gens mieux prisée et amée que nul autre; quar a Dieu la fîst si doulce et amiable principalement à l'oneur et loenge « de luy mesme. Et pour ce, il peut comparer au parler des angels du