Brunot, dans Petit de Julleville, II
2. Pio Rajna, VOnomaslica ilaliana, Rom., XVIII, 65 et siiiv.
3. Paul Meyer, De iexpansion de la langue française en Italie pendant le moyen âge, dans Alli del Congresso inlernazionale di scienze sloriche, vol. IV, p. 61 et suiv.
4. Brunet Latin, li Livres don Trésor, édit. Chabaille, p. 3.
5. Dans l'article ci-dessus cité de P. Meyer, on trouvera l'énumération d'autres auteurs italiens qui ont employé la langue d'oïl.
formation d'un idiome mixte fort curieux, une sorte de français italianisé, dans lequel on reproduisit nos poèmes chevaleresques : Buei*es d'HanstonCy Berte au gran pié, Ogier de Danemark, Macaire, etc. Quelques œuvres de la même période comme VEntrée de Spagne, la Prise de Pampelune, quoique leur inspiration vienne de France, dénotent quelque originalité.
§ 2. Relations et analogies entre les cités du Midi et les républiques italiennes. Séjour des troubadours en Italie; influence exercée par leurs oeuvres.
Mais c'est d'Occitanie que soufTla le vent qui devait féconder la poésie italienne.
Les cités de notre Midi présentaient une grande affinité avec les villes de la péninsule. Elles vivaient sous un régime analogue ^ où, à côté des consuls, chargés de la juridiction civile, fonctionnaient des conseils et des assemblées, puis plus tard des podestats ^. Lequel des deux pays emprunta ses institutions à l'autre? Peut-être naquirentelles spontanément et à peu près simultanément, de conditions sociales semblables. On ne sait à quelle époque remonte chez nous leur origine, car, pour aucune ville, on n'a la charte d'établissement des consuls, qui furent certainement au début les délégués du seigneur. Leur existence se ré\èle au hasard des textes, au cours d'une phrase, en quelque mot. On les trouve à Nîmes en 1143. Il est possible que les consulats d'Italie soient plus anciens f[ue les nôtres ^
Plusieurs cités. Marseille, par exemple, s'organisèrent sur les mêmes bases démocratiques que les républiques italiennes. En d'autres, comme Nîmes, bourgeois et chevaliers collaboraient pacifiquement à l'administration. Les deux classes vivaient à peu près de la même façon, et, de Tune à l'autre, le passage était facile -.
C'est avec l'Italie que trafiquaient nos provinces du Sud et, par contre-coup, elles avaient subi l'immigration de leurs voisins. A Saint- Gilles, port d'embarquement pour la Terre Sainte, les Génois et les Pisans étaient si nombreux qu'ils s'y li^Taîent des batailles rangée?. Les Génois jouissaient de privilèges commerciaux très étendus dans
1. Robert Michel, la Sénéchaussée de Beaucaire, p. 196 et suiv, •2. On trouve des podestats à Nice en 1215, à Marseille en 1221, à Arles en 1220, à Avignon en 1225, à Tarascon en 1233. L'autorité du roi en Languedoc et de Charles d'Anjou en Provence arrêta le développement de cette institution.
3. Dognon est d'avis contraire. — L'existence d€s consulats est constatée à Gênes dès 1899, à Blandrate dès 1093.