Purg., XIV
4. Quelques-uns de ces chansonniers sont uniques, on y troirve aussi beaucoup de manuscrits de chansons de geste et de romans bretons. Ces derniers ont créé en Italie des légendes ; c'est ainsi que le roi Arthur continue à vivre mystérieueement dans une caverne de l'Etna.
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italiens. Un Italien, Francesco de Barbcrino, a conservé dans ses ouvrages le nom de troubadours qui, sans lui, seraient restés inconnus ^ — Des deux grammaires provençales qui sont parvenues jusqu'à nous 2, l'une, le Donat proensal^ fut composée vers 1250 dans le nord de l'Italie, à la demande de deux seigneurs du pays ; l'autre, las Razos de trobar, de Raimon Vidal de Besaudun, fut paraphrasée en vers provençaux, peu avant 1300, par Terramagnino de Pise. — « Plus de cent poètes provençaux, assure Bembo, se lisent encore aujourd'hui chez nous. )) — Et Varchi, dans VErcolano : « Dites-moi de combien de langues s'est formée la nôtre? De deux : du latin et du provençal. »
Dante pensait un peu différemment. Il considère {Vulg. Eloq., 1,9) les trois dialectes d'oïl, d'oc et de si comme trois branches d'une même langue, le indgaire, fdle directe du latin (grammatica) , et il étudie leurs avantages respectifs {Vulg. Eloq., I, 10). «On peut alléguer en faveur de la langue d'oïl qu'à cause de sa facilité et de son agrément [faciliorem, delectahiliorem ; c'est le délitable de Martino da Canale et de Brunetto Latini) tout ce qui a été traduit ou composé en prose i>ulgaire lui appartient, les livres compilés avec les gestes des Troyens et des Romains, les très belles aventures du roi Arthur et beaucoup d'autres histoires et de doctrines.
« La langue d'oc se vante de ceci que c'est d'elle que se sont servis les premiers poètes vulgaires, comme Peire d'Auvergne et d'autres docteurs plus anciens, parce qu'elle était plus parfaite et plus douce ^.
« La troisième langue, celle des Italiens, témoigne son excellence par deux privilèges : le premier, c'est que le plus doux et le plus subtil des poètes vulgaires, Gino de Pistoio et son ami (Dante), sont ses familiers et ses enfants ; le deuxième, c'est qu'elle se rapproche davantage du latin, qui est leur source commune, etc. »
Malgré ces avantages, la langue de si ne réussissait point à chasser d'Italie la langue d'oc, et Dante en exprime une violente colère (Conv., 1, 11; cf. I, 10) : « Pour l'abaissement et la perpétuelle infamie des mauvais hommes d'Italie qui vantent le vulgaire étranger et méprisent le leur, je dis qu'ils y sont poussés par cinq causes abominables. )) La première, c'est leur manque de jugement, qui leur