‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 125 sur 440 · Écrit probablement entre 1000 et · texte numérisé non relu

Écrit probablement entre 1000 et

3. a J'appelle Espagnols (Hispanos) ceux qui ont versifié en langue d'oc *{VuL Eloq., II, 12).

4. Liste des troubadours cités ou mentionnés par Dante : Guiraut de Borneil: Vulg, Eloq., I, 9 ; II, 2, 5, 6 ; Piirg., XXVI, 120. Arnaul Daniel: Vulg. Eloq., II, 6, 10, 13 ; Purg., XXVI, 115-143. Bertrand de Born: Vulg. Eloq., II, 2 ; Conv., IV, 11 ; Inf., 112-142. Sordel: Vulg. Eloq., I, 15 ; Purg., VI, 56-75 ; VII et VI II, passim. Folquel de Marseille: Vulg. Eloq., II, 6 ; Par., IX, 37-42, 67-142. Aimeric de Bélenoi: Vulg. Eloq., II, 6 et 12.

Aimeric de Pégulhan: Vulg. Eloq., II, 6.

INFLUENCE DE l'oCCITANIE SUI\ DANTE 233

C'est à leurs biographies qu'il a emprunté la forme de la Vita nuova. Ces notices, œuvres elles-mêmes de troubadours, rapportent non seulement les événements anecdotiques de la vie des maîtres, mais leurs principaux poèmes, avec les raisons ou commentaires [razos) qui les expliquent ^. Telle est la contexture de la Vita nuova : biographie, poèmes, commentaires {ragioni) ^. Seulement, au lieu d'un récit décousu, l'Alighieri a tissé un réseau assez serré de petites aventures qui prennent à peu près l'aspect d'un roman ^.

Cette imitation saute aux yeux. Elle se trahit, d'ailleurs, par une inadvertance de Dante qui démontre qu'il a suivi son modèle un peu à l'aveuglette. En général, les biographes ne se donnent pas la peine de transcrire les chansons qu'ils commentent * ; leurs lecteurs les connaissaient et, en tout cas, savaient dans quels recueils manuscrits ils les retrouveraient au besoin. Le biographe se contente de donner la première strophe en la faisant précéder de cette phrase : et alors il fit la chanson qui dit:... et alors il fit le siri>ente qui commence par : « e si fetz aquesia chanson que ditz... adonc fetz aquest sirwentes que comensa ». Dante a transcrit mot à mot cette formule, que comensa^ che comincia ; seulement, il donne toujours le texte entier de la chanson, ce qui rend complètement superflu le che comincia ^.

Peire dWuvergne: Viilg. Eloq., I, 10.

Le trouvère Thibault de Champagne : Vulg. Eloq., I, 9 ; II, 5, 6. Les romans et les chansons de geste ne paraissent pas avoir exercé sur Dante grande influence.

1. Les commentaires étaient parfois, comme dans la V. N., très développés : c Lorsque Guilliem de la Tor récitait ses chansons, il faisait des razo5 plus longues que la chanson » {Hist. Long., X, 258).

2. RagionCy dans le sens de razo, commentaire, se trouve dans la V. N. aux §§25, 27, 29, 40 ; au § 14, on trouve ragionata cagione, la cause expliquée.

3. Outre les Biographies, il existe en Occitanie d'autres commentaires à des poésies d'amour. La chanson de Guiraut de Galanson {A leis cui am) a étécommentée par plusieurs troubadours, entre autres Guiraut Riquier {Als subtils). D'après Francesco de Barberino, les poésies de Raimon d'Anjou auraient été commentées par Ugolin de Forcalquier. Le De Cunsolalione de Boèce, la chanson Escolalz de Rambaut d'Orange (R. II, 248), Aucassin et Nicolette sont, comme la V. iY., entremêlés de prose et de vers.

Novati {Freschie minii del Dugenlo, p. 155) cite, comme ayant commenté leurs propres œuvres : 1° l'anonyme de Vérone, qui a fait un poème en Thonneur de l'empereur Béranger ; 2° Abbon de Paris, qui a chanté le siège de Paris par les Normands ; 3° l'abbé de Cluny, Odon, qui a écrit sur la chute et la rédemption.

On voit donc que la forme adoptée par Dante pour la Vita nuoua n'était guère nouvelle. — Postérieurement à la V. N., on peut citer, de Dante lui-même, le Conviuio et les Documenli d'amore de Francesco de Barberino ; contra, pour ce dernier. Bull. Soc. dant.,XU, 223.

4. Il faut excepter la biographie de Bertrand de Born, qui rapporte en entier plus de vingt de ses poèmes.

5. V. N., § 7 : Allora dissi questo sonelto che comincia ; § 1 9 : La canzone comincia cosi;

234 l'amour et la femme en toscane

Parmi les occitanismes qu'on relève dans les premières pièces de la Vita nuo{>ay il faut noter le torto tortoso du sonnet Morte viUaria, Ce genre d'allitérations dont les Provençaux ont si déplorableraent abusé est resté familier à Dante, même quand il écrivait ses derniers vers ^.

Quelques-unes des situations de la Vita nuo^a sont empruntées aux règles ou aux usages de TOccitanie. Occitanique, l'obligation du secret et l'emploi du schermo. Occitaniques, « ces gens pleins de curiosité qui s'efforçaient de savoir de moi ce que je voulais leur cacher complètement» (V. iV., § 4) et qui, par leurs bavardages malveillants, brouillent Dante avec Béatrice, § 10 : « Trop de gens en parlaient sans observer les limites de la courtoisie. Et, à cause de ces bruits ex^\gérés, qui semblaient me couvrir de vice et d'infamie, etc. )) Ce sont les losengiers, les classiques losengiers, qui polinaient sans arrêter dans les cours du Limousin, d'Auvergne, de Gascogne, de Languedoc, de Provence, et que Cino a ressuscites en Toscane sous le nom de li malparlanti et li maldicerUi (sonnets A iano guardo; Or dowè donne).

Occitanique, le sir\ente composé par Dante pour les soixante plus belles dames de Florence ; c'était évidemment une imitation du Carros de Rambaut de Vaqueiras.

Occitanique, l'ordre que sollicite Dante de mourir, Ballata^ io ro : <t qu'elle m'envoie par un messager l'ordre de mourir )>. — Occitanique, ce cœur de l'amant en déplacement auprès de la dame, ce cœur que mange la dame. Occitanique, la bataille d'amour, hattagUa d'Amore ^. Occitanique, ce vers : « tous mes pensers parlent

§ 20 : jB allora dissi questo sonetto, lo quai comincia ; § 24 : Dissi questo soneilOy lo quale comincia cosi.

En revanche, au § 31, le che comincia est parfaitement à sa place, car Dante ne donne pas immédiatement le texte de sa chanson : E cominciai allora unacanzone, la quai comincia : Gli occhi dolenii per pidà del core. Ed accioche quesia canzone paia rimanert piu vedova, etc.

Il en est de môme au §34 : Dissi allora queslo sonetîo lo quale comincia : Era vcnula, lo quale ha due cominciamenti.

1. La liste des alUtérations dantesques a été relevée parCarducci, le RimediDanet. Ce sont surtout: Inf., I, 5 ; I, 36 ; XIII, 67 et suiv. ; XX\I, 65 ; Purg., XX, 1 ; XXXI, 136 ; XXXIII, 143 ; Par., III, 57 ; V, 139 ; XXI, 49.

2. En langue d'oc, balalha d'amor ; eslur d'amor en langue d'oïl. On trouve batiaglia d'amore deux fois dans le § 16 de la V. .V. ; baîlaglia di pensieri dans le g 14; sconfille, § 18. — Chez Guido Guinicelli, il faut signaler baîlaglia di sospiri (sonn. Vcduiho la lucenle) ; chez G. Cavalcanti, baîlaglia di dolore (sonn. A me stessodime) et, dans la ch. Io non pensava: alla baîlaglia ove Madonna è slala; chez Lapo Gianni, ch. Donna se ilprego:in ciascuna baîlaglia voi vincendo; chez Cino, ch. Io non posso celar ; Guerra d'amore, etc.

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