‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 136 sur 440 · LE MÉPRIS DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LE MÉPRIS DE LA SCIENCE

en vérité, est celui qui, par amour pour le Seigneur notre Dieu, se sera fait stérile et ignorant ^.

« François avait bien raison de dire que le temps où il vivait aspirait à la science plus peut-être que tous les autres temps. Dans la première moitié du xiii^ siècle, on n'avait pas vu naître moins de dix-sept universités nouvelles, dont huit pour la seule Italie : Reggio, Yicence, Padoue, Naples, Verceil, Rome, Plaisance, Arezzo. Simultanément, les trois grandes écoles de fondation plus ancienne, les universités de Paris, Oxford, Bologne, prenaient un développement extraordinaire, et de toutes parts se dessinait le puissant élan scientifique qui allait caractériser la dernière période du moyen âge. Et voici que les frères mineurs se trouvaient à leur tour emportés par ce torrent sans cesse grossissant. » La colère du saint contre Pierre de Stacia et la maison d'études de Bologne fut grande. « Il courut à Bologne et, au nom de l'obéissance, somma les frères d'évacuer la maison ; Vun d'eux, qui était malade, couché dans son lit, eut à partir a^ec les autres. Puis, s'étant logé chez les Dominicains, François y reçut la visite des frères qui, tous, lui promirent de se corriger, à l'exception de Pierre de Stacia, et on affirme que François, toujours infiniment doux, a maudit celui-ci à cause de cette résistance et même n'a point voulu retirer sa malédiction sur son lit de mort ^. »

« Mes frères, dit en une autre occasion saint François, le Seigneur m'a appelé pour marcher dans les voies de l'humilité et de la simplicité, et il y a appelé avec moi tous ceux qui voulaient me suivre et m'imiter... Le Seigneur m'a dit qu'il voulait que je fusse un simple et un insensé, comme on n'en avait pas encore vu de tels et que son intention était de nous conduire par d'autres voies que celles de la science ; et Dieu vous fera honte avec toute votre sagesse et toutes vos connaissances ^. » — « Supposez, dit-il encore *, que vous ayez assez de subtilité et de science pour tout savoir, que vous connaissiez toutes les langues, le cours des astres et tout le reste, qu'y a-t-il là pour vous enorgueillir? Un seul démon en sait plus là-dessus que tous les hommes de la terre réunis. Mais il y a une chose dont le démon est incapable et qui est la gloire de l'homme : être fidèle à Dieu ^. »

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