‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 137 sur 440 · Admon. V, citée par Sabatier, Vie de saint François · texte numérisé non relu

Admon. V, citée par Sabatier, Vie de saint François

5. Saint Pierre- Damien, De sancla simplicilale scienlive inflanli anleponenda, a dit comme saint François i « Dieu n'a pas besoin de notre grammaire... Pour la rédemption de la nature humaine, pour même répandre partout les semences de la nouvelle

246 l'amour et la femme en toscane

§ 6. Uapostolat de saint François.

Dès les débuts de sa conversion, le poi>ereUo^ « le petit pauvre dubon Dieu ^>, exerça le plus fructueux apostolat.

Thomas de Celano [Vita^ I, 4, 23) : « Avec une grande ferveur et un© grande joie il commença à prêcher à tous la pénitence, simple dans ses paroles, mais édifiant par la magnificence de son cœur. Son verbe était comme un feu ardent, pénétrant au plus profond des entrailles » ;. à tout moment, il s'adressait au Très- Haut : « Seigneur, montre-moi tes chemins et enseigne-moi la perfection de tes sentiers. » Il demandait deux faveurs au Christ, celle de souffrir sa passion et de ressentir cet amour démesuré dont brûlait le Fils de Dieu ; et il reçut un jour la certitude qu'en ces deux prières il allait être exaucé : « Il contemplait avec un grand recueillement les souffrances du Christ, et la flamme de sa dévotion grandit tellement en lui que, par l'excès de son amour et de sa compassion, il se sentait changé tout à fait en Jésus ^ »

Il fut, en effet, comme un second Christ. « Il se leva comme un soleil, dit la Légende des Trois Compagnons ; sur le monde pesaient l'hiver, la glace, la stérilité ; il l'illumina, l'embrasa, le renouvela,. le ramena au printemps. » Sous son éloquence pénétrante, un élan, de charité soulevait les multitudes, car il était venu accomplir la parole du prophète : « Je vais t'enlever ton cœur de pierre et te donnerà sa place un cœur vivant. » Il réconciliait le peuple et les grands,, éteignait les factions, à Assise, à Arezzo, à Sienne, à Pérouse. « A Bologne, dit un contemporain, Thomas de Spalato, j'ai vu saint François prêcher sur le marché, devant l'hôtel de ville, et presque toute la ville était venue l'entendre... Il a parlé si bien et avec tant de sagesseque maints hommes savants qui se trouvaient là se sont étonnés> d'entendre parler ainsi un homme illettré {idiota). Tout l'objet de son discours était d'éteindre les inimitiés et de ramener la paix^ Son habit était sale, sa figure médiocre et son visage sans beauté ; mais Dieu donnait à sa parole tant de puissance que nombre de familles nobles que séparaient de vieilles inimitiés et du sang versése sont laissé décider par cette parole à se réconcilier pour toujours^ Et l'auditoire était rempli pour lui de tant de vénération et de dévotion que les femmes se jetaient sur lui en foule, cherchant à voler des morceaux de son habit ou simplement à toucher sa robe. » A Borgo

foi, ce ne sont pas des philosophes et des orateurs qu'il a envoyés : ce sont dessimples et des pêcheurs. »

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