Chanson de Roland, 1475 et suiv
6. Chanson de Roland, 1850 et suiv., 2010 et suiv., 23C7 et suiv.
18 l'amour et la femme en occitanie
l'angoisse de la mort, les yeux lui lournent dans la tête, il perd rouie et la vue ; il se couche à terre, fait à haute voix son ?nea culpa, joint ses deux mains vers le ciel, prie Dieu de lui accorder son paradis et de bénir Charles, la douce France et son compagnon Roland par-dessus tous les hommes... Roland sent que son temps est fmi. II gît au sommet d'un pic qui regarde l'Espagne. D'une main, il frappe sa poitrine : « Pardon, mon Dieu, au nom de ta puissance, pour mes « péchés, pour les petits et pour les grands, pour tous ceux que j'ai « faits, depuis l'heure de ma naissance jusqu'au jour où je tombe « ainsi frappé ! » Il tend à Dieu le gant de sa main droite et les anges du ciel descendent vers lui... »
Et les anges chantent à Roncevaux, lorsqu'on enterre les morts ; une lumière divine resplendit, des arbres verdoyants sortent miraculeusement de chaque tombe. Ils chantent aussi sur le cadavre de Renaud, qui, jeté au Rhin, y flotte dans une auréole de gloire ^ L'archange Gabriel ^ veille sur le sommeil de Charlemagne, le soutient au cours des batailles et lui transmet les volontés de Dieu. Lorsque son fils va être tué par Ogier, un ange arrête le bras du meurtrier ^. Lorsque ses pairs, pour exécuter leurs gabs, vont périr, un autre ange condescend à les aider dans l'accomplissement de leurs folles vanteries ^. Une colombe céleste sépare dans leur duel Roland et Otinel ^. Saint Maurice, saint Georges, saint Domnin combattent dans les rangs des chrétiens ^. A la veille de la bataille de Bouvines, Philippe-Auguste répète la Cène ^ : a Le roi fit chanter la messe par l'évêque de Tournai, et il l'entendit tout armé. Après, il se fit apporter du pain et du vin, il fit tailler des soupes, en prit uue et la mangea, puis il dit à tous les assistants : « Je prie tous m.es « loyaux amis de manger avec moi, en souvenir des douze apôtres Cî.â «burent et qui mangèrent avec N.-S. Jésus-Christ; et s'il y en a qai « pensent méchanceté ou trahison, qu'ils n'approchent pas. » Alors s'avança maître Enguerrand de Coucy et il prit la première soupe. Et le comte Gaucher de Saint-Pol prit la seconde et dit au roi : « Sire, on verra bien aujourd'hui qui sera traître envers vous. » Il parla ainsi, parce qu'il savait que le roi, sur de faux rapports, le soupçonnait. Et le comte de Sancerre prit la troisième soupe et