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Signalée par Dante, Piirg., XXV

264 l'amour et la femme en toscane

toutes sont des morales et exercent sur les hommes une discipline bienfaisante ; et il les tenait toutes pour fausses, parce qu'elles obscurcissent de symboles la clarté de la vérité. Il les croyait bonnes ou mauvaises, suivant les temps et les lieux.

C'est sans doute de sa doctrine, beaucoup plus que de celle du philosophe grec, que s'inspiraient ceux que Dante a appelés les sectateurs d'Épicure et qui brûlent, au chant X de VEnfer, dans des tombeaux enflammés, Frédéric II, le cardinal Ubaldini, celui qui aurait dit : « Si l'âme existe, j'ai perdu la mienne pour les Gibelins «^ Farinata, Cavalcante. Le singulier empereur qui, soutenant contre la papauté une lutte mortelle, promulguait contre les hérétiques les lois les plus cruelles qu'on eût encore vues, tout en s'entourant de rabbins, de philosophes arabes, de milices sarrazines et en faisant surveiller ses femmes par des eunuques, est trop connu pour qu'il ne suffise point ici de le nommer. Il se prétendit toujours bon chrétien et ne cessait point de s'approcher des sacrements, quoique excommunié. Mais les contemporains, papes, chroniqueurs, troubadours, s'accordent à témoigner qu'il ne croyait point en Dieu ^. « Il était épicurien ; il cherchait lui-même et faisait chercher par ses savants dans les Saintes Écritures si on ne pouvait y trouver la preuve qu'il n'y a pas d'autre vie après la mort. » De son fds Manfred, Villani dit qu'il ne croyait «ni en Dieu, ni aux saints, mais seulement aux plaisirs de la chair ».

Farinata - et Cavalcante sont l'un le beau-père, l'autre le père de Guido Cavalcanti. Il serait naturel que Guido, lui aussi, eût été « épicurien » et, s'il fallait en croire Boccace {Décaméron, journée VI, 9), la question serait tranchée. « Parce qu'il partageait un peu les opinions des épicuriens, on disait dans le public que toutes ses spéculations n'avaient d'autre but que de chercher s'il pouvait se trouverque Dieu n'existât pas. »

Un témoignage de Boccace ne mérite pas une foi aveugle et des critiques, croyant que la religion est un des éléments indispensables du stil nuoç>o, ont essayé de laver Guido de la tache d'incrédulités Ils ont tort. Si G. Guinicelli, Dante, Cino, Lapo se montrent franchement chrétiens, on ne peut en dire autant du gendre de Farinata, du fils de Cavalcante. A la vérité, il partit en pèlerinage pour Saint-

1. Notamment Uc de Saint-Cire [Vn sirvenles viielli far), Grégoire IX, Matliieu Paris, Albéric des Trois-Fontaines, etc.

2. Farinata et sa femme furent, après leur mort, condamnés comme Cathares, en 1283. L'hérésie cathare, qui ordonne aux parfaits fascétisme et condamne le monde, est le contraire de la doctrine d'Épicure.

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