‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 162 sur 440 · Boccacc, F/e de Drtnfe · texte numérisé non relu

Boccacc, F/e de Drtnfe

2. Viilcf. Eloq., II, A, 5, 6 : il traite d'idiots ceux qui admirent ses prédécesseurs et de « sectateurs de l'ignorance » les partisans de Guittone. — V. N., § 25 : il appelle • sols rimeurs » quelques-uns de ses confrères — Vulg- Eloq., II, 4 : il en gratilie quelques autre? du nom d' « oies ». — Conu. I, 11 : il appelle menteurs, abominable>î, rufïîans {bocca merctrice) les Italiens qui préfèrent la langue doc à la leur. La menace du couteau se trouve à Conu., IV, 14.

270 l'amour et la femme en toscane

son rejïard vers moi, il dit : la paix. )> Cet homme était Dan le. Il est fâcheux qne celte anecdote nous soit transmise par un document fort douteux, car elle mérite d'être vraie ; elle est di^e du poète qui, lorsqu'un fleuve court vers la mer, dit que c'est pour y trouver la paix (/n/., V, 99). Ce que Dante a été chercher au plus profond des abîmes, au plus haut des sphères, c'est la paix {Purg., V, 61 et suiv.) ; l'état des bienheureux, c'est la paix [Par., XV, 148; II, 112; XVII, 8).

§ 23. Les hyperl)oles du « stil nuopo ».

Il ne fut pas accordé à ces hommes d'atteindre ici-bas ce but de leurs désirs impuissants. Et la tension perpétuelle de leur ame, toujours grosse d'orages, s'exprime par les hyperboles de leur style.

a Je suis l'image visible de la mort, dit Cino (ch. Coin in quegli occhi) ; ma seule ombre devrait épouvanter les hommes. Me tuer, ce serait me faire grâce. » Et la dame le tuera, si elle peut, tant elle est irritée qu'il ait osé l'aimer (sonn. La bella donna che in virtù).

La dame de Cavalcanti, non moins hautaine, ne peut concevoir « qu'il y ait an monde un homme assez audacieux pour oser la regarder sans trembler ; et moi, ajoute sans rire le poète, si je la regardais, j'en mourrais » (bail. Gli occhi). Et cet amant infortuné s'ex-cuse de ne pas envoyer à un de ses amis le récit des cruautés qu'il a subies, parce qu'il en mourrait de saisissement avant d'avoir fini sa lecture (sonn. Corte mie rime),

Cavalcanti fait à notre bon sens la concession de parler de ce funeste événement au conditionnel ; mais Francesco de Barberino n'y met pas tant de façons ^. Un Florentin amoureux vint un jour le trouver et lui demanda d'exprimer dans une chanson l'état de son cœur. Le malheureux lut et relut avec tant de passion la poésie que Barberino avait composée d'après ses indications que, huit jours après, on le trouva mort, tenant encore à la main les vers meurtriers ; et la dame ne lui survécut que six jours. C'est l'auteur en personne qui a le front de nous narrer son exploit. Dans cette chanson homicide, on relève les vers suivants : (c Si vous avez des ennemis et si vous voulez les tuer, menez-moi à eux : le douloureux aspect de ma face suffira à leur donner la mort. »

« Elle pleure tant, disent à Dante les compagnes de Béatrice, que, si on la regardait, il faudrait mourir de compassion » (F. A'., § 22); et sonn. Se tu colui : « Elle porte sur son^^sage une telle douleur que, si on la regardait, on tomberait mort devant elle. » — Ch. Donne

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