LES ORIGINES ; GUIDO GUINICELLI
maestria). Ce qni est noiivefiu, c'est quand les inaîtres chantent ce qu'on n'avait pas encore chanté, c'est quand on dit ce qui n'avait pas encore été entendu ; ce qui est nouveau, c'est de raconter comme moi ce qui n'a jamais été dit, car Amour m'a donné ma science et j'en suis si pénétré que si nul n'avait encore chanté, je chanterais ! »
« Jamais chant ne fut ni bon ni beau, qui ressembla à un autre, » dit Peire Cardinal (cité par Fauriel, Hist p. proi>., II, 13) ^
Cet art nouveau que réclamaient, en même temps que le public, les poètes eux-mêmes, l'Occitanie épuisée ne parvint pas à le réaliser. L'Italie, où des conditions sociales différentes et l'effervescence d'une jeune vitalité semblaient favoriser l'éclosion d'une nouvelle littérature, se traînait obscurément dans l'ornière provençale ; l'effort de ses actives générations tendait plus au lucre qu'à la poésie.
Il advint, et nous ne savons pas comment se produisit ce phéno-