‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 176 sur 440 · DEUXIÈME SECTION : LA DOUCEUR ET LA RELIGION DU « STIL NUOVO · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION : LA DOUCEUR ET LA RELIGION DU « STIL NUOVO

§ 4. Douceur du « stil nuowo ».

Lorsque, au chant XXVI du Purgatoire, Dante rencontre Guide Guinicelli, il le proclame « son père et le père des meilleurs qui aient écrit des vers d'amour doux et gracieux, dolci e leggiadri ». Il lui témoigne une tendresse fdiale, à cause de ses doux vers, li dolci detti vostri. Autant que la nouveauté, la douceur caractérise le stil nuovo. Le sombre Cavalcanti la mêle à ses plaintes déchirantes (cf. II, ch. XIII, § 9) et reproche à Guido Orlandi ^ d'être incapable de com-

repenties qui attendent dans les tourments du Purgatoire le jour de la délivrance. Il a ridiculisé Belacqua [Purg., IV), qui, à vrai dire, n'est que dans l'antipurgaloire ; il a parlé du pape Adrien V dans les termes les plus comiques. Ce dernier expie son péché comme les autres avares, étendu par terre à plat ventre ; et il dit à Dante : r Tu sauras pourquoi le ciel veut que nous lui tournions le derrière ; mais d'abord, scias quod ego fui successor Pelri » (XIX, 97). Quelle drôlerie dans l'emploi de ce solennel latin, en une pareille posture 1 — Dante ne montre pas beaucoup plus de respect pour le pape Martin IV « qui eut la sainte Église dans ses bras et purge par le jeûne ses anguilles de Bolsène et son vin doux » (XXIV, 22).

1. Vulg. Eloq., I, 12. Dante se montre plus juste pour Jacopo ; il avoue que € plusieurs poètes indigènes ont chanté d'une manière élevée », qu'ils furent « des hommes au cœur noble et doués de moyens », et il cite parmi eux Jacopo de Lentino et Guido délie Colonne. « Leur langue, ajoute-t-il en citant une chanson de chacun d'eux, ne diffère en rien de celle qu'on peut le plus louer. »

2. Sonn. Di vil matera : « Vous n'êtes pas capable de nous parler de la nature et de

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