MELANGE DES SOUVENIRS PAÏENS ET DU CHRISTIANISME Ô
pécheurs par sa prédkation ; saint Clément d'Alexandrie donne l'interprétation de ce symbole (Ozanam, II, 272). On peut voir, dans le Traité d' archéologie chrétienne de Pératé (p. 66), la reproduction du plafond du cimetière de Sainte-Domitille : au centre, dans un médaillon octogone, Orphée joue de la lyre parmi les bêtes ; autour de lui, dans des caissons, Moïse frappant le rocher, Daniel dans la fosse aux lions. Jésus ressuscitant Lazarre, David brandissant la pierre qui tua Goliath.
Sur bien des sarcophages chrétiens, Eros embrasse Psyché, et cela siornifie sans doute les noces de l'âme et du Christ. Sur d'autres, on voit Ulysse qui s'attache à son mât pour résister au chant des Sirènes ; le mât, c'est la croix ; Ulysse, c'est le Sauveur crucifié dirigeant les passagers parmi les écueils et les tentations voluptueuses de cette vie ^. Un autre sarcophage nous montre le Bon Pasteur au milieu des Amours et de Psyché^. Une cassette en argent, du iv® siècle, représente la toilette de Vénus, des Néréides, des Amours et au-dessus sont écrits les mots : Vivatis in Christo ^
Les proses de l'Ëglise donnent à l'enfer chrétien le nom de Tartare [prœdanique tulit Tartari) et admettent l'autorité de la Sibylle comme celle de David {teste Das^id cum Sihylla). On voyait dans la IV^ églogue de Virgile '* une prophétie de la naissance du Christ, et Dante s'est peut-être fait l'écho de cette opinion [Purg.. XXII, 64 et suiv.). Saint Clément d'Alexandrie, saint Jérôme, saint Augustin, etc., ont considéré les sibylles comme inspirées de Dieu. « La sibylle Erythrée, dit Crosnier [Iconographie chrétienne^ p. 194 et suiv.), ou plutôt celle de Cumes, qui a annoncé sans mélange d'erreurs païennes ce qui regarde la vie du Sauveur, faisait partie de la cité de Dieu y> [De civitate Dei, lib. xviii, cap. 23). Dès le xiii^ siècle^, les
1. Homélie du Vendredi Saint prêchée par Maxime de Turin, au v« siècle » Pératé, op. cil, p. 304.