Cf. in Canl. serm. IX, 2 ; serm. De diversis, LXXXVII
Guittone, s'adressant à la Vierge, lui demande de Tintroduire d'abord dans son palais, puis dans sa chambre. « O mon amour, quand pourrai-je passer de vos troupes à votre cour, de votre cour à votre chambre? » (Cité par Zingarelli, Danle, p. 47.)
LE LANGAGE DES SENS APPLIQUÉ A l'aMOXJR SPIRITUEL 331
toi d'une merveilleuse façon, ce fils grandira et de toi qui étais sa mère il fera son épouse. »
Rien n'arrête l'audace des termes par lesquels s'exprime l'effervescence mystique. Saint Bernard s'émeut du cri de l'Épouse : Mon bien-aimé est à moi et moi à lui ! «Ce n'est pas, dit-il (in Cant, serm. LXVII), une exclamation, c'est une éructation [ructus) qui ne connaît ni loi nirègle, qui, sans qu'il le veuille, s'échappe des pro-' fondeurs de l'être, à son insu. » Ce rot a une bonne odeur et saint Bernard remercie Dieu de lui permettre de la respirer {ibid., § 5) : « Je te rends grâces. Seigneur Jésus, qui m'as du moins permis de le respirer. Je l'avoue, le rot de ta bien-aimée a pour moi une bonne odeur. Il rote pour moi le souvenir de l'abondance de ta suavité, j'ai respiré je ne sais quoi d'ineffable, grâce et amour, dans ces mots : Mon bien-aimé est à moi et moi à lui. »
Quant à Albert le Grand, il n'hésite pas à examiner la signification mystique des diverses parties du corps de l'Ëpouse {De laudibus Mariœ, lib. V, cap. ii), bouche, yeux, cheveux, mamelles, ventre (n° 63), nombril (n^s 66 à 69), cuisses (n" 70) i.
1. Cf. Albert le Grand, op. cil., lib. X, cap. vi, Mariœ thalamus.
Ailleurs {Quœsliones in evang. Missus est, qu. 16 etsuiv.), il étudie le corps de la Vierge : De membrorum dispositione et proporlione, de colorum uenustale, de colore cutis; il examine si la Vierge fut frigidœ complexionis aul calidse, décide que son corps a été rose (qu. 20, 2), ses cheveux noirs (qu. 20, 3). Il se pose ensuite les questions suivantes; qu. 207, Quis modus concipiendi? qu. 209, Quanta tempore Dominas fuerit in utero ? qu. 210, Qualiler egressus fuit ex utero? qu. 211, Atrum beatissima Virgo in concepîione habuerit dolorem vel aliquam delectationem. ?
Cf. l'hymne latin n^ 223 des Poésies latines du moyen âge, publiées par Du Méril.