Sonnets O occhi miei et Jndisnor ein vergogna
LE DROIT DE CHANGER d'aMOUR 347
ainsi à droite et à gauche, c'est que vous n'aimez pas » ^onn. lo mi credea ; Degno vi fa) ?
Il faut bien s'entendre. Les stilnuovistes ne sont pas fidèles à la dame, mais à Amour. Du sentiment qu'a fait naître en eux la dame, ils tirent tout ce qu'ils peuvent pour exalter leur cœur et leur intelli- $rence, pour amener leur âme à sa perfection. Leur devoir, c'est de cultiver cette passion pour en extraire, à leur propre bénéfice, toutes ses énergies. Il est clair que pour obtenir ce résultat on ne peut, comme l'abeille, butiner de fleur en fleur. Ce libertinage, fût-il platonique, dessécherait l'âme, gaspillant en vains désirs le temps si court qui lui est accordé pour s'épanouir aux rayons du soleil spirituel. Il ne faut donc pas changer à l'aventure, « se laisser prendre â tous les appâts » \ mais aimer la même dame aussi longtemps que l'amour qu'on éprouve pour elle peut subsister ; et il faut rester fidèle à cette dame même lorsqu'elle est morte 2, si cet amour de souvenir garde encore assez de force pour produire chez l'amant l'exaltation morale qui est le but de l'amour. Mais, lorsque cet amour est épuisé, stanco ^, alors le Fidèle a le droit et le devoir d'appeler ime nouvelle dame pour rallumer le feu qui ne doit jamais s'éteindre dans son cœur. C'est ce que Cino écrit à Dante (sonn. Dante, quando per caso ^) et Dante lui répond (sonn. lo sono stato) : « Depuis ma