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LES NOBLES CŒURS ; LES HOMMES-ANGES

Faut-il prendre an sérieux ces blasphèmes contre la famille, la patrie, la religion? Pas le moins du monde, et ces litléraleurs, qui furent hommes de main, ne nous en demandent pas tant. Ils emploient, sans y attacher trop d'importance, le style à la mode ; ils écrivent suivant une manière et, dans leurs plus grandes expansions, ne se montrent point à nu. Au lecteur la tâche de discerner quand ils sont sincères, et si la rhétorique cède la place au sentiment. Rien de moins facile.

§ 7. Les nobles cœurs j les Hommes-anges.

Il nous Fcste à étudier le caractère essentiel du Fidèle, la qualité qui le distingue du commun des mortels, qui fait de lui un prédestiné, un suriiomme et « presque un Dieu », la noblesse du cœur.

LOccitanie avait fini par réclamer du véritable amant non seulement les qualités mondaines et chevaleresques, mais aussi les vertus morales. De même qu'il a transformé la Dame-perfection des troubadours en Dame-ange, le stil naow, par la simple exagération de la donnée primitive, a fait de l'amant vertueux un élu mystique.

Les « nobles cœurs » sont les seuls qui puissent aimer et leur fonction naturelle, c'est d'aimer, car la noblesse est la même chose que l'amour ^.

La noblesse est, « dans chaque chose, la perfection de sa propre nature» [Con^., IV, 16).

Les « nobles cœurs » sont donc des cœurs d'élite, ceux qui, plus que tous les autres, s'approchent de la perfection de la nature humaine. « Ils sont presque des Dieux, ceux qui possèdent cette grâce (la noblesse) sans aucune tache » (ch. Le dolci rime).

Glosant ce passage, Dante répète {Coni>., IV, 20): « Ceux qui possèdent cette grâce, c'est-à-dire cette chose divine, sont presque comme des dieux, sans la tache d'aucun vice... et que cette expression, ils sont presque des dieiix, ne paraisse pas trop élevée. Car, de même que certains hommes sont les plus vils des brutes, d'autres sont très nobles et divins, ainsi qu'il est dit au septième chapitre du troisième traité de cet ouvrage. Et c'est ce que démontre Aristote, etc.. »

Or, dans ce septième chapitre ^, Dante démontre qu'il existe dans l'humanité des natures qui sont véritable mentj et non par métaphore, angéliques. S'inspirant de ces idées, le stil nuoi^o a créé le t^-pe de la Dame-ange, qui a son pendant dans le sexe masculine A la domna

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