Purg., XXX
362 i/amour et la femme en toscane
lii^mer la règle ^ ; on est vertueux parce qu'où est noble, et non pas noLle parce qu*on eet vertueux.
G-iB Fidèles sont peu nombreux. Une aristocratie morale, liélas ! se recrute encore plus difficilement qu'une aristocratie sociale. <» C'est à quelques-uns seulement que parvient cette semence de iélioité, » dit Dante; « ils sont rares )), dit Cino (ch. L'alta speranza). Mais les faux fidèles pullulent, « ces gens qui font semblant de souffrir d'amour. » (Gavalcanti, sonn. Se i'edi Ainore ; cf. II, ch. iv, § 13).
§ 8. Les dames Fidèles d'Amour; les Fêtes de Florence
en 1283 et 1289.
De ceux-îà, les initiés se méfient ; ils n'en veulent point parmi eux ; car « à la cour où règne Amour, nul homme vil ne peut servir les dames qui s'y sont retirées » (Gavalcanti, sonn. Se i>edi Amore). Ces mots nous permettent d'entrevoir l'organisation imaginaire de cette confrérie de Fidèles, hommes et femmes, qui séjournent ensemble à la cour de leur maître, pour y pleurer et chanter, loin des profanes. Nous connaissons déjà les Fidèles mâles. Parmi les femmes, citons Vanna, Bice, Lagia, nommées ensemble dans les sonnets de leurs amants. Rien ne nous prouve, d'ailleurs, qu'elles aient vécu dans les liens d'une amitié quelconque, ni même de simples relations ; s'il y eut à Florence de grandes réunions, des fêtes brillantes, on n'y constate point l'existence d'un cénacle des deux sexes, organisé par quelques couples de poètes. Dante n'a même pas su à quelle époque son grand ami Guido Gavalcanti avait cessé d'aimer Vanna {V. iV., § 24). Par exception, Lagia semble avoir groupé autour d'elle, quelques instants, trois poètes amoureux (sonn. AmorSy e monna Lagia).
De même que les vagues Fidèles, les dames étaient en nombre indéterminé. C'étaient, comme leurs amants, de sages personnes [saggia donna, dit le sonnet de Dante amor e cor gentil), des damesanges. Ge sont les « nobles dames et les demoiscllse amoureuses ^ », « les dames et demoiselles qui s'occupent d'amoAir ^ », « les dames qui
1. La V. N., ? 21, donne une exception analogue. Le cœur qui n'est pas né amoureux (qui ne contient pas l'amour en puissance, et Tamour, ne l'oublions pas, est la même chose que la noblesse), peut le devenir, par l'opération de Béatrice ; mais c'est un quasi-miracle.