La hella persona che mi fu lolta
permission, une faveur [concedelle Amor) Toccasion de se damner que leur a procurée le dieu Amour.
On aurait Jtort d'incriminer cette attitude ; mais le poète aurait pu ne pas châtier le mari outragé ; il aurait pu ne pas réunir, dans une étreinte éternelle, les deux amants coupables. « On voit en Françoise, écrit Parodi {Bull. Soc. dant., VII, 16), la tragique fatalité de l'amour que les peuples celtiques avaient symbolisée dans la légende de Tristan et d'Iseut... Dante lui donnait sa plus sublime expression dans l'union éternelle des deux amants, consacrée par Dieu luimême, au delà de la vie. » Il est impossible de définir plus justement le mauvais cas dans lequel s'est mis « le chantre de la rectitude ». La punition qu'il fait infliger à Françoise par la Providence est une récompense. Et il aggrave son tort — je me place au point de vue chrétien — en témoignant une malsaine curiosité de connaître les origines de cette passion aussi honteuse que fatale ^ {Inf.,\\ 118-120), en en retraçant un tableau brûlant, en s'évanouissant de pitié aux larmes de regrets que les deux pécheurs versent au souvenir de leurs voluptés. Le poète s'est fait leur complice en jetant sur leur turpitude la magnificence de ses vers et le manteau de sa compassion. On sent bien qu'il éprouve pour eux des sentiments fraternels.
Pour rejoindre Béatrice, Dante est obligé de traverser les flammes du purgatoire où les luxurieux expient ; on en a conclu qu'il s'était soumis à leur châtiment, qu'il avouait ainsi avoir participé à leur faute. — Mais, notons-le bien, Dante, dans sa traversée de l'enfer et du purgatoire, n'expie aucun péché, bien qu'il reconnaisse [Purg., XIII, 132-138) qu'il fut coupable d'orgueil et d'envie'; il ne subit aucun châtiment ; seulement, au moment où il traverse les lieux de supplice, il souffre des conditions générales dans lesquelles ils se trouvent placés, le froid, la puanteur, la fumée ; ce sont des inconvénients auxquels il se soustrait toutes les fois que c'est possible, et c'est ainsi qu'en enfer il évite, en marchant un peu à l'écart de Brunetto 2, les flocons de feu qui tombent sur les sodomites. Il fait de même en purgatoire ; il évite les flammes des luxurieux en cheminant sur le bord de la corniche {Purg., XXV, 112-117 ; XVI, 1-3, 15) et, s'il est obligé de les traverser, ce n'est pas à titre de pécheur, puisque Virgile, âme du Limbe, qui n'a point à expier, et Stace, âme déjà purifiée et qui n'a même jamais été souillée de luxure ^,