FAITS DE LA (( VITA NUOVA
et des combats intérieurs qui, s'il faut s'en tenir à ses vers, n'existaient en aucune façon.
TROISIÈME SECTION : CONCLUSION ; PROCÉDÉS LITTÉRAIRES EMPLOYÉS PAR DANTE DANS LA «VITA NUOVA »
§ 12. Faits de la Vita nuova dont on peut accepter ou doit rejeter la vérité.
Si maintenant on demande quelles sont les données de la Vita nuova qu'on peut considérer comme historiquement réelles, nous répondrons :
L'existence de Béatrice, son nom de Bice, la mort de son père, la mort de son amie, sa j^ropre mort, l'année de sa mort ^, la maladie de Dante et le pressentiment de la mort de Béatrice (mais non les prodigieuses visions de la chanson Donna p/e/o^a), l'amitié de Dante pour Cavalcanti, le nom et le surnom de Vanna et de Primavera, le refus du salut, le gab, la v Donna gentile », le sirvente des soixante dames. Plusieurs de ces points sont confirmés par des témoignages, les autres nous semblent démontrés par des raisons suffisamment probantes ; nous admettons la maladie de Dante et le pressentiment de la mort de Bice uniquement parce qu'ils ne sont point invraisemblables et que nous ne trouvons aucun motif de les suspecter.
Nous croyons douteux :
1^ L'amour de Dante, depuis le premier salut jusqu'au refus du salut ; le schermo est faux, il a été inventé pour déguiser des amours réelles. Dante prétend n'avoir aimé que Béatrice : il aima deux autres dames avant elle. Sa passion pour la gentilissima commença probablement beaucoup plus tard qu'il ne le dit, au cours de son intrigue avec la deuxième dame- schermo, et vécut en concurrence avec elle, ce qui explique parfaitement la colère de Béatrice {adirata, bail. Ballata io vo) lorsqu'elle apprit la duplicité de son soupirant, le refus du salut, le gah et le fait qu'elle n'a jamais pardonné tant qu'elle est restée ici-bas (cf. ch. iv, première section) ;
2° La lettre ai principi délia terra ;
1. Il n'est pas probable que Dante se soit risqué à tuer littérairement une personne que beaucoup, molli, connaissaient, ni qu'il ait donné pour l'année où elle mourut une date inexacte. Il en va autrement du jour et du mois, puisés, à grand renfort de cabale, dans des calendriers exotiques, et mis d'accord avec le système des neuf. La Vila nuova, ayant été écrite assez longtemps après la mort de Béatrice, pouvait sans grand inconvénient modifier la date exacte, mais non la date approxiina4;ive de cet événement. On peut admettre que ses compagnes et peut-être même ses proches n'avaient pas conservéle souvenir précis du jour et dumois où elle mourut mais qu'ils en savaient encore l'année. La date donnée par la V/7(7 nn< va est le 8 juin 1290.
3° La cavalcata du sonnet Cavalcando : le lleuve du § 9 et du § 19' qui paraissent empruntés aux pastourelles d'outre-monts ou sont allégoriques;
4"* L'anecdote des pèlerins, celle de l'ange, la demande des deux dames (§ 41) et celle de Tami ^§ 20).
Sont également douteux tous les événements qui ne figurent que dans la prose, notamment la jolie scène où Dante déclare se consacrer désormais à la louange de sa dame et le remords d'avoir aimé la u Donna gentile ^\
Nous considérons comme faux tout ce qui se rapporte au nombre neuf, les deux rencontres de Béatrice et de Dante à neuf ans et à dixhuit ans, leur âge respectif (cf. ch. VIII, § 6), l'amour de Dante deneuf ans à dix-huit ans, le schermo, la louche démarche du pcre de Béatrice, les visions où apparaît Amour. Celles où apparaît Béatrice pourraient s'être réellement produites, il suffirait peut-être d'en élaçruer des détails trop poétiques. Mais elles ne s'appuient sur aucune pièce de vers. Je considère donc comme fort douteuses la vision du § 39 et la mirahile visionc. La vision de la chanson Donna pietoMt peut être fausse; elle peut aussi n'avoir été qu'un simple pressentiment^ dépouillé de toute cette machinerie apocalyptique qui la rend invraisemblable. J'admettrais, à la rigueur, que les souvenirs littéraires de- Dante, d'inconscientes réminiscences, aient imposé une telle magnificence à ses rêves. Quant au pressentiment de la mort de Béatrice, il est naturel; son teint était u presque de perle », ce qui n'annonce point une bonne santé. Elle a du mourir d'une maladie de langueur,, et il était facile, quelques mois avant sa fin, de la prévoir.
§ 13. Procédés Huerai res employés par Dante; soleimité et mystère^ de la Vita nuova ; coupures dans le récit.
Ce n'est pas sans peine que nous avons essayé de démêler, à travers^ les voiles savants du récit, quelques parcelles de vérité. Avec son art profond, l'auteur a su effacer les contours des ligures et noyer leurs. mouvements dans un brouillard incertain, qui se lève et retombe suivant les besoins de l'action.
Ses procédés sautent aux yeux. Il cherche à s'imposer par la solennité et à inquiéter par le mystère. Étourdi, déconcerté, tâtonnant dans cette auguste pénombre, le lecteur accepte les fictions du poète sans en contrôler le détail ; il ne garde qu'une impression de douceurchrétienne, de grâce, de tendre infortune, d'espoir tranquille et comnie un goût de vie future.
Religion, hyperbole, exaltation, majesté des visions prophétiques^
obscures clartés des pressentiments, ténèbres des oracles, troubles lumières de la maladie et de la mort, gloires inintelii^bles du paradis, voilà le cadre dans lequel évoluent, formes larvaires et incertaines, les vagues personnages de la Vita nuova. Ce sont des ombres flottant dans des brumes, des reflets dans le miroir terne des eaux.
Quand Béatrice se montre à Dante, ce n'est pas une rencontre, c'est une apparition; elle apparut, appaive^. et l'auteur trouve le moyen de répéter trois fois ce mot en quelques lignes. Dante avait alors neuf ans, mais, en des circonstances aussi solennelles, on ne s'exprime point en termes simples ; il dit : « le ciel de la lumière avait accompli neuf révolutions ». Quant à Béatrice, depuis sa naissance, « le ciel des étoiles avait avancé vers l'orient de la douzième partie d'ua degré - ». Au lecteur de deviner, sous cette périphrase majestueuse, que Béatrice a huit ans et quatre mois. En ce moment, in quel punlo ^^ se produisit un phénomène extraordinaire. Les esprits de Dante, ces mystérieuses puissances physiologiques, qui sont l'intermédiaire desfacultés de l'âme dans le gouvernement du corps, élèvent la voix et, ainsi qu'il sied à de tels personnages, s'expriment en latin, au risque de n'être pas bien compris par ce petit garçon de neuf ans. « En ce moment^ l'esprit de la vie qui demeure dans la chambre la plus secrète du cœur, commença à trembler si fort que cela apparaissait à mon pouls horriblement ; et, en tremblant, il dit ces paroles : Ecce Deus forlior me qui veniens dominahitur mihi. » Il annonce ainsi que le jeune écolier sera toute sa vie l'esclave d'Amour. « En ce moment, l'esprit animal, qui demeure dans la chambre élevée où tous les esprits sensitifs apportent leurs perceptions, commença à s'étonner beaucoup et,, parlant spécialement aux esprits de la vue, dit ces paroles : Apparuit jara beatitudo i>estra. » Il constate l'arrivée de Béatrice. « En ce moment, l'esprit naturel qui demeure dans cette partie où s'opère notre nutrition, commença à pleurer et, en pleurant, dit ces paroles : Heu, miser! quia frenquenter impeditus ero deinceps ! » Il prophétise les souffrances que l'amour fera subir à Dante dans son corps.
1. Ces termes, apparue, apparimenlo, sont de nouveau employés au début du § 3,. pour la rencontre de Dante et Béatrice U dix-huit ans.
Les mêmes mots sont aussi employés par d'autres auteurs du Slil nzzouo pour indiquer l'arrivée de leur dame.
2. D'après Alfragan, dont l'ouvrage avait été traduit d'arabe en latin vers le milieu du xin' siècle et paraît avoir été familier à Dante, le ciel des étoiles fixes se meut d'un degré tous les cent ans. Dante parle de ce mouvement centennal, Conv.,. Iî,6et 15.
3. Pour mieux marquer la solennité de l'instant, Dante répète trois fois les expressions suivantes, soulignées dans notre traduction : in quel punlo, il quaie diniora, comincidt disse qucsU parole.
Quelle exactitude attendre d*une biographie qui commence de la sorte? Et voici que le dieu Amour, bon latiniste, vient à la rescousse : Ego dorninus tuns... Fili mr, teîiipus est ut prœtennittantur simulacra nostra... Ego tamquam centrum circuli cui simili modo se habent circumfercîUise partes ; tu autem non sic. Il ne cesse d'apparaître à son fidèle, dans des songes renouvelés d'Ovide, des troubadours, des trouvères et de Cavalcanti ^. Une doucereuse hallucination, assoupissant les bruits de la réalité, engourdit le lecteur dès les premiers paragraphes et l'accompagne jusqu'au bout. Il ne discerne pas bien les formes ailées qui volent dans ces rêves ; elles ont beau être païennes, il les prend pour des anges. L'œuvre commence par une vision, se clôt par une vision ; tout l'ensemble est comme une vision.
Béatrice est « un neuf, un miracle dont la seule racine est l'admirable Trinité ^\ Ces ambitieuses paroles signifient tout uniment que Béatrice est un miracle, banalité que bien des poètes ont dite des dames qu'ils chantaient et Dante l'a répétée à plusieurs reprises : sonnet Tanto gentiîe, sonnet Negli occhi-, Par., X\'III, 63, etc.
Que de mystères pour les choses les plus simples ! C'est que Dante craint de laisser comprendre sa pensée à trop de monde {division de la ch. Donne ch'a^'ete, § 19). Il ne cesse de s'exprimer par sous-entendus, de jeter un voile sur la complication des sentiments et d'inciter le lecteur à deviner encore plus qu'il n'en a mis. Au § 3, le poète prétend ne pas comprendre les paroles que lui dit Amour ^ ; de même, au sonnet Oltre la spera, il ne comprendra pas le nouvel aspect de Béatrice au ciel ; d'après les § 7 et 8. il dissimule dans deux sonnets des intentions qui sont fort difficiles à y retrouver, quoiqu'il assure que « cela apparaît manifestement à qui comprend ». — Dans la di^^ision du sonnet Morte villana, il fait allusion à une definita persona^ sur
1. Dans Ovide, deux visions, Amores et Remédia AmoriSy que nous avons déjà citées; — Peire Vidal, Lai on cobra ; — André le Chapelain, légende de Vexercilus morluorum ; — le Fahh'î du dieu d'Amour, YiuhViè pd^r Jv.h'mti], lS3-i ; — Cavalcanti, sonnets O donna mia; Danle un sospiro ; Se vedi Amore; S'io prego questa donna; Certe mie rime.
En outre, beaucoup d'œuvres du moyen âge sont encadrées dans des songes : le Roman de la Rose, le Dialogue entre la folle el le sage,\<i DU d' Ypocrisie de Rutebeuf, le Mariage des Sept Arts de Jean le Tinturier, la Disputoison de VEglise et de la Synngoguê, Dialogus inîcr vinum el aquam. De plandu nmiurœ, Altcrcalio Gany^ médis, etc.
2. « Il me disait beaucoup de choses, dont je ne comprenais que peu, entre autres cici : ego dominus tuus. » Cela signifie probablement que Dante eut dès lors un obscur pressentiment des malheurs qu'Amour allait attirer sur lui ; la seule chose qu'il ait comprise du premier coup, c'est qu'Amour était son maître, qu'il régnerait désormais sur lui. Il se peut aussi que ces choses que Dante n"a pas comprises soient les arcanes des Fidèles, où on ne pénètre qu'à la longue.
laquelle on a discuté ; au § 12, intervient cet Ego ianiquam cenlrum circuli qui a tant exercé les critiques ; au § 14, Dante refuse d'expliquer les paroles énigmatiques par lesquelles il a dépeint le phénomène de la transfiguration; dans le sonnet L mi sentii sç^egliar, il n'insèrepas « certaines paroles, qui lui paraissaient devoir être tues ». Quelles sont ces paroles? Et pourquoi fallait-il les taire? Enfin, au § 28, il expose d'une telle façon les raisons qui l'empêchent de parler de la mort de sa dame que cette énigme a paru insoluble.
Il nous dit qu'il aurait pu soulever davantage les voiles qu'il entr'ouvre à nos yeux [divisions de la ch. Donne cKavele et du sonn. Oltre la spera) et que lui-même n'a peut-être pas pénétré la profondeur des arcanes au milieu desquels il nous promène : « Peut-être, dit-il à propos du nombre neuf (§ 29), peut-être une personne plus subtile que moi verrait à cela des raisons plus subtiles. »
Pour épaissir le mystère, les lieux où se déroule l'action, les personnages qui y prennent part restent indéterminés. Les mots eux-mêmes conspirent à nous maintenir dans l'imprécision. A chaque instant, on se heurte à des forse, quasi, alquanto. Et le mot molto, si fréquent dans la Vita nuova ^, présente le sens le plus flottant, tantôt peu, tantôt beaucoup ^.
Des personnes qui sont mêlées aux événements de la Vita nuova, Béatrice, Vanna, Cavalcanti, la sœur de Dante, le père de Béatrice sont désignés clairement ; encore les trois derniers ne sont-ils pas nommés. Qui est l'ami que Dante suit à une réunion où il rencontrera celle qu'il aime (§14)? l'autre ami à qui il donne un sonnet sur la nature d'Amour (§ 20)? Qui sont les dames veillant à son chevet (§ 23)? et celles entre lesquelles apparaît Béatrice (§3)? et celles qui demandent des vers à Dante (§ 41)? et celles qui l'interrogent sur sa conduite et à qui il adressera désormais ses poèmes, les dames « qui ont l'esprit d'amour » (§ 18)?
Un jour, il est obligé de s'éloigner (§ 9); tout reste mystérieux et vague : la cause de son départ, « une chose pour laquelle il me fallut partir ?); l'endroit où il va, «vers ces lieux où était la noble dame )>; la
1. Par exemple : § 1. molii non sapeano che si chiarnare; § 3. Proposi di farlo senîire a molii.. fù risposlo da molli ; § 14. Molle donne genlili erano adunale; § 18. Molle persone auessero compreso il segrelo ; § 26. Molli, siccome esperli, etc.
2. § 24, le sonnet / mi senlii suegliar « a beaucoup de parties {molle parti)... la première... la seconde... la troisième ». Et c'est tout. Ici, molle, beaucoup, signifie trois. En revanche, au paragraphe suivant, nous lisons :« Il n'y a pas beaucoup d'annOcs, non mollo numéro d'anni, qu'apparurent pour la première fois ces poètes vulgaires... aucune de leurs œuvres ne fut écrite plus de cent cinquante ans avant aujourd'hui. » Là, cent cinquante, ce n'est pas beaucoup.
o98 LES FFMMES DE DANTE
compap:nie dans laquelle il se troin e, u la compagnie de beaucoup de personnes » ; le fleuve le long duquel il chemine, « un fleuve beau, courant et très clair ».
Où se produit la double apparition de Vanna et de Bice? quelque part, alcuna parte. Où se passe l'épisode de l'ange (§ 34)? en un endroit, in parie. Où se montre la « Donna gcntile »? en un endroit, in parte. Quels sont ces endroits? Calvacanti dit que c'est à l'église de la Daurade, à Toulouse, qu'il s'éprit de Mandetta ; mais quelle est l'église où commence le schermo (§ 5)? Dante nous le cache.
Il rencontre Béatrice dans une rue. Quelle rue? Peu lui importe. Mais il tient en revanche à nous apprendre que neuf ans s'étaient écoulés depuis la première fois qu'il l'avait vue et que l'heure « était certainement la neuvième du jour ».
Il est atteint « en une certaine partie de sa personne d'une douloureuse infirmité». Qu'il garde secrète la nature de sa maladie, soit; mais à quoi bon dire que c'est le neuvième jour, dans son délire, qu'il eut la tragique vision de la mort de Béatrice? Autant que ce vague, cette précision déroute le lecteur par son niystère. Les 7i^a/ l'accablent de leur poids et, brochant sur le tout, la cabale des noms, la prédestination de ^'anna et de Bice (§ 24) le plongent dans l'abîme des spéculations ésotériques.
Et, au cas où cela n'aurait pas sufTi à lui faire perdre pied, Dante s'est appliqué à couper son roman de parenthèses qui ne permettent point de sui\Te sans une certaine tension d'esprit le fil des événements. Le récit du schermo est interrompu deux fois : d'abord par l'anecdote du sirvente, qu'il eût mieux valu placer au § 29, car elle se rapporte à la cabale des neuf ; ensuite par la mort de l'amie de Béaitrice (§ 8).
Après le refus du salut, au lieu de dépeindre sa douleur et les efîorts
par lesquels il essaya de détromper Béatrice, Dante s'arrête pour
-décrire les effets de ce salut qu'il ne recevra plus {§ 11) ; il eût été plus
naturel de s'acquitter de cette tâche au § 3, où il s'agit déjà du salut,
• ou encore après le § 19, dans le ' nouveau sujet » qu'il traite, la
« louange » de la dame.
A peine nous a-t-il donné la chanson Donne cKavete et le sonnet
Negli occhi qu'il suspend la « louange » pour nous soumettre un sonnet
de théorie sur la nature d'amour, qu'il eût aussi bien pu intercaler
(^ n'importe où. Puis se produit la vision funèbre du § 23 et, immédiate-
**^^ ment après, par un contraste trop manifeste pour n'être pas voulu,
la joyeuse apparition d'Amour, de Vanna et de Bice ; et Dante en
,jb f*^ ^\ profite pour nous infliger une dissertation de rhétorique, le paragraphe
des personnifications. Alors seulement, le poète reprend la « louange )► systématiquement interrompue de sa dame et aligne à la suite les sonnets Tanto gentile, Vede perfeltamenle et la stance Si lungiamente. Pour la seconde fois, Dante attaque un nouveau sujet ; à la « louange » de la dame succède son deuil. Par une courte phrase, il nous annonce sa mort au début du § 28 ; puis il explique fort longuement, en termes sibyllins, qu'il n'a pas l'intention d'en parler: il emploie les deux paragraphes suivants à démontrer qu'elle fut un neuf •et à exposer les raisons qui l'empêchèrent d'écrire son ouvrage en latin. Enfin, ayant vidé son sac, il se décide à reproduire les chansons Gli 4fcchi dolente^ Quantunque volte et le sonnet Venue ad intender, dans lesquels il avait exprimé les transports de sa douleur.
De toutes les aventures de la Vita nuoça. seul, l'épisode de la Donna gentile est raconté d'un trait, sans coupures. Mais, avant de poser sa plume, l'auteur trouve encore moyen d'insérer dans le § 40 une dissertation bien superflue sur les diverses espèces de pèlerins.
En somme, beaucoup des petits événements de la Vita nuoça sont complètement inutiles au développement du récit ou à la peinture des sentiments. L'auteur s'en sert pour détourner l'attention du lecteur 4ra varier la lonofue monotonie de l'amour.