‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 306 sur 440 · Terna tibi ha;c primum Iriplici diversa colore · texte numérisé non relu

Terna tibi ha;c primum Iriplici diversa colore

Licia circumdo terque luec allaria circum Elfigiem duco : numéro Deus impare gaudet.

Virg., E(]L VIII, 75.

Horace :

Ter bibe, vel toties temos, sic mystica lex est.

Ausone a fait du nombre 3 l'ossature d'un petit poème, Gnjphus lernarii numeri^ qui comprend 90 vers. Il s'impose la loi de ne pas dépasser ce nombre, car il est fait de 3 fois 3 dizaines et, s'il allait [)lus loin, il serait peut-être obligé d'employer à son ouvrage un nombre de vers dépourvu de toute signification. Ausoue, en ce poème.

chants ^ Déjà, quand il écrivait la Vita nuova, ce nombre s'imposait à son esprit -. Quand il nomme Amour, qui est une des formes de Dieu, il répète trois fois ce nom redoutable. Dans chacun des paragraphes 9, 16, 18, 20, les trois mots Amore sont si rapprochés et il eût été si facile d'éviter cette répétition que l'intention du poète se révèle de la manière la plus claire ^. Dans le funèbre § 23, c'est trois fois que reviennent le nom de la Mort et celui de Béatrice ; et le nom de Béatrice est placé symétriquement trois fois à la fm des trois derniers paragraphes de la Vita niiova ^. Dans le premier, sa solennelle apparition est marquée par la triple répétition des mots apparvc, m quel punto, disse queste parole, il quale dimoro, cominciô. C'est trois fois aussi, en ce même paragraphe ^, qu'est nommé Amour ; en cet auguste moment, tout est triple. Enfm, c'est par trois colui que se termine la Vita nvova.

Le 9, « dont le 3 est la racine, puisque trois fois trois font neuf » (§ 29), constitue le nœud de la Vita nuova et domine l'existence de Béatrice. C'est que le 9 est le nombre de la prière ^ et aussi celui de l'ange ; les ordres angéliques sont neuf. Aucun nombre ne pouvait convenir davantage à celle qui fut le type de la Dame-ange. Aussi le récit de la Vita nuova s'ouvre-t-il par le mot neuf. A neuf ans Béatrice et Dante se rencontrent pour la première fois ; neuf ans

énumil're les objets et les personnages en relations avec le 3. Cf. Aubert, Histoire et théorie du symbolisme religieux, tome I.

1. Exactement 100 ciiants, mais le premier chant de V Enfer est une introduction. Cent est d'ailleurs un nombre sacré, étant le produit du nombre parfait, 10, par luimême.

La liste des cas où Dante a employé le 3 dans la Comédie est donnée par d'Ancona, Vila naoua, p. 209.

2. Cf. Sicardi, dans Zeitschrifl fur romanische Philologie, vol. 32, p. 641 et suiv.

3. § 1. D'allora innanzi dicoche Amore signoreggiô la mia anima... avvegna chè la sua imagine, la quai continuamcntc stava meco, fosse baldanza d' Amore asignoreggiarmi, tuttavia era di si nobilissima vertu che neun'ora sofferse ch' Amore mi reggessc senza il fedel consiglio délia ragione.

§ 9. Mi parve che Amore mi chiamasse... per loro non si discernesse lo simulato amore... grandissima parte che Amore mi desse di se.

§ 16. Ad immaginare quale Amore mi facea... Amore di subito spesse volte m'assalia... questa battaglia d'amore mi pugnava.

§ 18. Lo fine di cotale Amore conviene che sia nuovissimo... lo fine del mio amore fù già lo saluto... lo mio signore Amore, la sua mercede.

§ 20. Li dovessi dire che è Amore... bello era trattare alquanto d' Amore... parole nelle quali trattassi ù' Amore.

4. Sonn. Deh peregrini, vers 12 ; sonn. Ollre la spera, vers 13 ; dernières lignes du dernier paragraphe.

5. Je répète que la division en paragraphes est l'œuvre des éditeurs et non de Dante ; mais elle correspond certainement à peu près à celle que l'auteur eût faite.

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