Sonn. E si mi piace, Ant. Rime, IV
38 l'amour et la femme ex OCCITANIE
OU quand elle ne veut pas obéir à ses raisonnables commandements. En tels cas et en semblables, il est nécessaire que le mari châtie sa femme raisonnablement. »
w Celui qui aura frappé ou blessé sa femme, ou quelqu'un de sa famille, en vue de les corriger, ne sera point sujet à l'amende, pourvu qu'il n'ait pas dépassé les bornes d'une correction. » (Ordonnance de Charles le Bel, sept. 1325, dans Recueil des ordonnances des rois de France, XII, 492.) — « Si quelqu'un a injurié ou frappé sa femme, ses enfants, ses fils émancipés, ses domestiques, il ne sera point poursuivi pour injures, parce qu'il est présumé l'avoir fait par un zèle louable, en ^^le de les corriger ; à moins cependant qu'il ne s'ensuive mort, mutilation ou fracture d'un membre, ou qu'on se soit servi d'un fer émoulu. » (Ordonnance de Philippe de Valois, juin 1337, Recueil des ordonnances des rois de France, XII, 541.) On retrouve les mêmes dispositions en termes presque identiques dans les coutumes de Dax et de Bergerac, les statuts de Verceil et de Turin, etc.
« Il faut les garder étroitement et les châtier âprement, » dit Philippe de Novare {Les quatre tens de Vaage d'orne). Les maris obéissaient volontiers à ces prescriptions. Dans les Enfances Garin, le duc d'Aquitaine bat journellement sa femme et la traîne par les cheveux. Dans Gaydon, Heurtant frappe sa femme d'un coup de poing sur le nez et le sang jaillit ; dans Rigomer, le preux roi Arthur veut faire couper la tête à la reine parce qu'elle a émis une opinion qui ne lui plaît pas et, en attendant, s'apprête à la traîner par les cheveux, etc.
« Dame, dit Bernard de Ventadorn, je sais qu'on vous surveille à cause de moi, et, si le mari vous bat, gardez bien qu'il vous batte le cœur. « — « Je voudrais, dit- Cadenet [Uautrier long un hosc, R. II, 232), que ma dame fût battue quelquefois par son mari, car alors elle se donnerait à moi ; ces procédés ne réussissent pas toujours aux jaloux, même avec les meilleures. » — « Il est fou de battre sa femme, dit Matfre Ermengau, car cela ne l'empêchera pas d'aimer celui pour qui on la bat, et, au contraire, elle sera assez folle pour l'aimer bien plus qu'avant. » Et c'est la seule raison pour laquelle, dans Flamenca, Archambaut de Bourbon s'abstient de rosser son épouse.
« L'aversion que le comte de Flandre, Ferrant, avait pour la France vint de ce que sa femme Jeanne le gagnait aux échecs. Le dépit qu'il en eut l'ayant porté à la maltraiter et à la battre, elle s'en plaignit à Philippe-Auguste, son oncle. Philippe écrivit sur cela à Ferrant une lettre longue et menaçante, dont Ferrant