‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 335 sur 440 · EXAGÉRATION DE LA DOULEUR DE DANTE · texte numérisé non relu

EXAGÉRATION DE LA DOULEUR DE DANTE

but que de faire des vers, il a pu obéir à d'autres mobiles que ceux de l'écrivain. Si, comme nous le croyons, il a sensuellement aimé les dames- schermo pendant qu'il témoignait à Béatrice une inclination timide et respectueuse ; s'il a tenté de la tromper en lui représentant comme un expédient, un schermo, un simulacre, un égarement trop réel, il se sentait très coupable à son égard. Elle était restée sourde à ses protestations d'innocence. Il voyait bien que sa rancune ne s'effacerait pas de sitôt et crut meilleur de ne pas s'obstiner dans un mensonge inutile [mi parea dl me auere assai manifestato, § 17). Pour regagner les bonnes grâces de sa dame, n'osant plus s'adresser à elle, sentant que tout plaidoyer demeurerait vain, il s'avisa de publier son panégyrique, conçu d'après la manière en vogue, d'en faire la Dameange. Jusqu'alors il n'avait encore célébré ni sa beauté, ni sa sublimité morale ^, il allait essayer de ce moyen. Flatter la vanité d'une dame et chanter sa louange, c'est, encore aujourd'hui, le plus court chemin de son cœur. En cette circonstance, Dante s'est conduit en amant habile autant qu'en littérateur.

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