Rappelée par Charles Martel, Par., VIII
4. Expliquant allégoriquement le même passage, II, IG, Dante donne son sens figuré qui est le seul réel : « Quand je dis : Par elle tu verras la beauté de miracles aussi élevés, j'annonce que par son moyen on verra la beauté des miracles,... c'està-dire qu'on en verra les causes, qu'elle démontre. >
Elle est le salut (chans. \oi che ùiieiidetido) :
Chi veder vuol la sainte Faccia che gli occhi desta donna miri *,
et, s'adressant aux yeux de la Philosophie, Dante leur dit, II, 16: u Vcramente in voi è la sainte, per la quale si fa beato chi vi guarda e sah'o délia morte délia ignoranza e degli i'izii. »
Elle est la béatitude, c'est-à-dire le bonheur, comme l'indique déjà le passage que nous venons de citer. Elle nous mène {Com\, I, 1) « à la perfection dernière de notre âme, en laquelle consiste notre félicité ». — Conv., ÏII, 11 : a Le but de la Philosophie est cette excellentissime délectation qui ne souffre ni cesse ni défaut, c'est-à-dire la vraie félicité, qui s'acquiert dans la contemplation de la vérité. » — Coni^., III, 8 : « Je dis que dans son aspect apparaissent des choses qui témoignent déplaisirs et, entre autres, de plaisirs du paradis. Le plus noble, celui qui est le but de tous les autres, c'est de se contenter, c'est-àdire d'être heureux {beato) ; et ce plaisir existe, quoique d'une autre façon 2, dans l'aspect de cette dame, car, en la regardant, on se contente, tant sa beauté repaît doucement les yeux de ceux qui la regardent. » — Conv., III, 13, la Philosophie» est la béatitude de l'intellect )\ — Conw., III, 15 : « En ces deux choses (les yeux et le rire de la Philosophie), on éprouve ce plaisir très élevé de la béatitude qui, en paradis, est le souverain bien. Ici-bas, ce plaisir ne peut consister en autre chose que regarder dans ces yeux et dans ce rire. »
D'après ce passage, la Philosophie n'est pas seulement la béatitude, mais nulle autre qu'elle, ici-bas, n'est la béatitude. Tel était pourtant, d'après la Vita nuova, le propre de Béatrice.
La Philosophie est une Dame-ange et jouit de toutes les propriétés des Dames-anges [Conv., III, 7) : « Il y a des hommes qui sont des brutes, de même il y en a qui sont des anges. Ceux-là, Aristote, dans le livre VII de V Ethique, les appelle divins, et je dis que cette dame est telle et que la puissance divine descend en elle comme dans l'ange. »
Ainsi que Béatrice, elle est une gloriosa donna {Conv., III, 15) ; elle
1. Ch. Amor che nella menle. Siio esser îanto a quel che gliel dà place Che infonde sempre in lei la sua virlule Oltre il dimando di noslra nalura. La sua anima pura, che riceve da lei quesîa Saluie, la manifesta in quel ch'ella conduce...
2. En ce passage, Dante explique le sens littéral de la chanson Amor che nella mente ; il parle donc, non de la Philosophie, mais de la femme qui la figure, la « Donna gentile ». Il est bien obligé de dire qu'on ne peut, en contemplant cette simple mortelle, goûter tout à fait la même béatitude qu'à contempler Dieu, chose qu'il aurait afïlrmée de la Philosophie, sœur de Dieu, Sagesse divine, Verbe.