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LES DEUX RÉVOLUTIONS DE VENUS

cette noble dame dont j'ai fait mention à la fin de la Vita nuova » [Conv.^ II, 2).

Pour que le Convivio reste d'accord avec la Vita nuoç>a, il faut que les deux révolutions de Vénus soient terminées en un an et « quelque temps ».

Or Vénus a une révolution sidérale qui s'accomplit en 225 jours ; mais, de l'avis unanime des astronomes qui ont examiné ce point, il paraît impossible que cette révolution sidérale soit celle dont parle Dante (Angelitti, Bull. Soc. dant., VII, 135 et suiv.). H ne pourrait s'agir ici que de la révolution synodale, qui n'exige par moins de 584 jours. Cette durée était parfaitement connue d'Alfragan, cbezqui, en général, Dante va puiser les notions cosmiques qu'il dispense si libéralement à ses lecteurs. Appuyé sur cette solide autorité, le grand poète se montre exact dans ses computs célestes ; mais n'aurait-il pu se tromper, si sa source habituelle, le traité d'Alfragan, l'y avait incité par une rédaction amphibologique? Or voici ce que disent les Chronologica et astronomica elementa, qui sont probablement le livre cité parle Con^wio^ II, 6, sous le nom de lihro delV aggregazione délie stelle ^ :

« Re^>ohit epicyclum Venus I anno persico 7 mensibus et 9 diebus fere. » Vénus accomplit sa révolution sur son épicycle en une année persique, sept mois et neuf jours environ.

Au lieu de comprendre : une année persique plus sept mois et neuf jours, un lecteur fourvoyé par ce terme d^année persique qu'il rencontrait pour la première fois pouvait se figurer qu'en ce passage Alfragan donnait la défmftion de cette sorte particulière d'année et qu'elle était de sept mois et neuf jours. Il lisait donc, au lieu de : la révolution de Vénus a lieu en une année persique, plus sept mois et neuf jours, une chose fort dillérente : la révolution de Vénus a lieu en une année persique, c'est-à-dire en sept mois et neuf jours. Et c'est, en effet, ce qu'a compris le fils de Dante, Jacopo Alighieri, qui dit en son Doctrinal : Venus in septe mesi et noi^e di compresi suo epiciclo gira. Ne serait-il pas naturel que le père ait commis la même erreur? Dès lors, les deux révolutions de Vénus comprendraient quatorze mois

13), d'après laquelle il invente lui-niOnie, petit à petit, la figure de la Philosophie. Or, dans la Vila nuoua, dès la première rencontre, Dante se dit : « Il n'est pas possible qu'avec cette dame ne soit un très noble amour. » C'est ce que répète notre passage du Conuivio, II, 2, en disant que la première fois que Dante rencontra la « Donna gentile» elle était « accompagnée d'Amour ».

Il s'agit donc bien, dans le Conuivio, II, 2, comme dans la Vita nuoua, § 35, de la première rencontre de Dante avec la « Donna gentile «.

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