‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 381 sur 440 · Tu vuoi ch'io muoia · texte numérisé non relu

Tu vuoi ch'io muoia

3. Tu vuoi ch'io muoia; dov'egli è morto ; uedrai muorir costui ; folgorando fa via alla marie.

4. Si l'épître est apocryphe, elle est, en tout cas, bien ancienne ; elle est certainement antérieure à la lettre de Boccace, Mauorlis miles, centon composé de fragments d'Apulée et de cette lettre à Moroello.

Attaquée par Zingarelli [Rassegna crilica, IV, 1889, 3 et suiv., et Dante, p. 223), l'authenticité de l'épître a été défendue par Vandelli {Bull. Soc. dant.,WU, 59), Barbi {ibid., XI, 18), Novati (dans Dante e la Lunigiana où ce critique a restitué le texte original de l'épître et interprété quelques passages difïïciles ; cf. Bull. Soc. danl., XVI, 254 et Giorn.dant., 1909, 269), par Parodi {Bull. Soc. dont., 1910, 79), par Torraca (Bu//. Soc. dont., X, 139 et suiv.) qui a édifié autour de cette lettre des hypothèses fort vraisemblables et très séduisantes.

5. Il y a trois Moroello Malaspina. Celui à qui Dante a écrit est probablement le vapor di val di Magra {Inf., XXIV, 145).

LA PARGOLETTA

Les troubadours dédiaient aux grands seigneurs, leurs confidents en ces matières, les chansons où ils célébraient leurs dames les plus mystérieuses. Cino a adressé à un chef politique, Tommaso di Pietramala, la chanson Lo gran disio où il se lamente sur les rigueurs de Selvaggia; et c'est précisément à un marquis Malaspina qu'il a écrit ce sonnet Cercando di tro^ar, îiuquel répondit Dante, au nom du marquis Malaspina. Je ne suis point choqué que ce même Dante, dans une épître un peu ridicule, ait raconté ses amours au même Malaspina. Et je crois qu'on pourrait trouver une allusion analogue à celle du sonnet Cercando di tro^ar (ni ha punto il cor, jnarchese, mala spina) dans Vamorosa spina de la chanson lo son ç>enuto ^.

Avec beaucoup de vraisemblance, Torraca pense que Dante, qui avait rencontré, en 1310, Moroello Malaspina à la cour d'Henri VII, lui écrivit cette épître peu après, du Casentin où il s'était rendu, d'où il lança, au printemps de 131 1 , ses épîtres aux Florentins et à Henri VII et où il écrivit une lettre au nom de la comtesse de Battifolle ^.

Si l'on accepte la date de 1311 pour l'amour de la Pierre, faut-il renoncer à l'identifier avec la Pargoletta, dont Béatrice parle à Dante, en Purgatoire, en 1300, comme d'une chose passée? La raison n'est pas suffisante. Dante, pour tout ce qui concerne les grands événements, bien connus du public, est obligé de se conformer à la date qu'il a lui-même attribuée à sa vision; mais l'histoire de son cœur n'est point soumise à une chronologie aussi précise, il a le droit de la dérober ou de la transformer. Et si l'on s'en tenait à un autre passage du Purgatoire, il faudrait décider que la Pierre, elle aussi, fut aimée avant l'an 1300, car Béatrice la désigne presque aussi clairement que la Pargoletta.

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