Triparlilo si ragiona {Purg., XV II
XVII, 104), proviennent de l'amour. On peut aimer le mal du prochain ; et c'est Torigine de l'orgueil, de l'envie et de la colère, péchés expiés sur les trois premières corniches. On peut aimer avec lenteur ; et c'est le péché de paresse, puni sur la corniche suivante ; enfin on peut aimer les faux biens ; et, sur les trois dernières corniches, on déplore et on expie cet amour.
« Chacun désire confusément un bien dans lequel se repose l'esprit » {Purg., XVII, 127). Ce bien, c'est Dieu. « Tu nous as faits pour toi. Seigneur, dit saint Augustin, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi. » Voilà « le Bien au delà duquel on ne peut aspirer » et à qui mène Béatrice (Purg., XXXI, 23). « Mais ily aun autre bien qui ne rend pas l'homme heureux^, il n'est pas la félicité, il n'est pas la bonne essence, fruit et racine de tout bien. L'amour qui s'adonne trop à ce bien, on le déplore au-dessus de nous dans trois cercles » {Purg., XVII, 132).
L'antique sorcière, la femme bègue, la douce Sirène, c'est l'appétit désordonné des biens terrestres, des « fausses images de bien ». Elle réunit en elle les trois Bêtes à qui Virgile arracha Dante, sur l'ordre de Béatrice, au début de V Enfer ; dans le songe du chant XIX du Purgatoire, c'est encore Virgile qui vient, à l'appel de Béatrice, enlever Dante à la Sirène. Béatrice et les trois Bêtes, Béatrice et la Sirène sont les éternels adversaires : la Terre et le Ciel ; et Béatrice, le Ciel, reproche à Dante de lui avoir préféré la Terre.
§6. La jalousie de Béatrice ; la Pargoletta^ la Pierre, la Donna gentile.
Mais Béatrice est aussi une femme, et cette femme va quereller son amoureux parce qu'il s'est laissé prendre aux attraits d'indignes rivales. Des vains plaisirs d'ici-bas, celui qu'il a le plus goûté, c'est la volupté, et c'est celui que représentent plus particulièrement les Sirènes -.
1. Che non fa Vuom felice. Ceci est directement opposé au paradis terrestre, symbole de l'innocence, auquel on arrive par l'ascension du Purgatoire, // dileiioso monlty principio e cagion di lutta gioia et duquel Béatrice dit : Corne degnasli d'accedert al monte? Non sapei iu che qui è Vuom felice?
2. Isidore de Séville, cité par Barthélémy de Glanville {De proprielatibus rerum, lib. XVIII, de Sirena), dit, lib. 20 : « On raconte qu'il y avait trois Sirènes, moitié vierges, moitié oiseaux, avec des serres et des ailes, qui attiraient par leurs chanta les navigateurs et les menaient au naufrage ; l'une chantait, l'autre jouait de la llûte, la troisième jouait de la lyre ; mais, en vérité, ce furent des courtisanes et, comme elles attiraient les passants et les menaient à la ruine, on feint qu'elles conduisaient les marins au naufrage. »
« La Sirène, dit le Physiologus, cité eod. loco par Barthélémy, est un monstre marin. Au-dessus du nombril, il a la forme d'une vierge ; au-dessous, celle d'uu jmisson. Cette bêle se réjouit dans la tempête et pleure dans es temj» sereins. Elle