‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 401 sur 440 · CHAPITRE X SENS DU SYMBOLE DE BÉATRICE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X SENS DU SYMBOLE DE BÉATRICE

§ 1. .\>j t. i.-> >ULLessifs de la figure de Béatrice (778). — § 2. Rôles respectifs de Béatrice et de Virgile (780). — § 3. La théorie des deux guides de l'humanité, d'après' le De Monarchia (782). — § 4. Béatrice est la Science sacrée (784). — § 5. Sola per cui Vamana spezie eccede ogni conlenlo, etc., Inf., II, 76 (788). — § G. Allégorie du premier chant du Paradis (790). — § 7. La beauté de Béatrice augmente de sphère en sphère (791). — § 8. Les yeux et la bouche de Béatrice ; leur sens symbolique ; les émeraudes (792). — § 9. Union de l'amour et de la science dans la figure de Béatrice (794). — § 10. Amour de Béatrice pour Dante ; antinomie entre la femme et le symbole (796). — § 11. Le dernier guide ; saint Bernard ; la contemplation (797).

§ 1. Aspects successifs de la figure de Béatrice.

Dante avait formulé dans la Vita nuova une règle fort singulière : il n'est point permis de rimer en vulgaire sur d'autres sujets que l'amour. Les sirventes, les ensenhamen, les planhj les chansons de croisade, le Boècis démentaient ce principe arbitraire que le grand Toscan avait forgé lui-même ou bien reçu de quelque obscur pédant. C'est à cette bizarrerie que nous devons la persistance de la figure de Béatrice dans ses vers. Son vaste génie étouffait dans les sentiers battus de l'amour, il lui fallait un champ plus vaste pour étendre librement ses ailes, mais il hésitait à y aventurer la poésie. Il se crut tenu d'envelopper théologie, philosophie, l'univers, dans un jupon, de placer la femme en enseigne au « poème sacré auquel le Ciel et la Terre ont mis la main ». Il en fit le paravent qui abrita l'amas indigeste de sa science, le trésor de haines amassé dans les luttes civiles et les amertumes de l'exil, l'inextinguible flamme qui dévorait son cœur, à la poursuite de l'idéal jamais atteint. Elle servit à relier des théories éparses, des épisodes historiques, des rêves d'avenir, à les nuancer de grâces sentimentales, à les dorer d'un rayon d'amour . Il ne faut donc pas s'étonner que, dans l'œuvre de Dante, la belle dont il fut épris en sa jeunesse se présente sous des aspects si divers. Acariâtre et coquette en réalité, funeste, d'après la chanson E m'incresce, les vers de la Vita

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