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LE DOUAIRE

par des femmes, et ne peut appartenir aux héritiers mâles delà tenancière, quelque proches qu'ils soient ^. »

Il arrive parfois que la femme, même en puissance de mari, adoube les chevaliers. « Cécile, fille de Philippe P*", roi de France, épouse de Tancrède, fit chevaliers pour la guerre contre les païens le fils du vicomte de Dol et plusieurs autres ^. » Ce cas, assez exceptionnel, se reproduit dans les chansons de geste ; Guibourc, femme de Guillaume d'Orange, fait chevalier le frère de Vivien ; Plaisance adoube Robastre ; Oriabel adoube Jourdain, mais ne veut point lui donner la calée, « parce qu'il n'est pas convenable qu'une fille frappe un homme )> ; elle finit par y consentir: « Soyez chevalier, dit-elle ; que Dieu te donne honneur et hardiesse I et, si vous avez envie d'un baiser, prenez-le ^. »

Malgré l'aversion des théologiens pour les femmes, l'abbaye de Fontevrault, qui renfermait des religieux des deux sexes, fut placée sous la direction d'une abbesse, parce que Jésus-Christ, en mourant, avait confié à sa mère son disciple bien-aimé *.

A la fitt du XIII® siècle, deux femmes, Guillelma et Maifreda, devinrent successivement pontifes d'une secte d'hérétiques ; elles disaient la messe.

§ 8. Le douaire.

Malgré le poids si lourd de l'autorité maritale, la femme noble devient, par le moyen du douaire, l'associée du mari dans la propriété de ses biens personnels et son consentement est requis pour leur aliénation définitive.

Le mari barbare achetait sa femme. Acquérant sur elle le mundium, il en versait le prix aux mains du père ou du mainbour. Peu à peu l'usage s'introduisit de remettre cet argent à la femme ellemême. A cela s'ajoutaient le faderfium, cadeau fait par le père à la nouvelle épouse, le morgengab, don du mari au lendemain des noces et quelquefois une sorte de dot, constituée par le mari [meta, sponsalitiurriy dos). A ces divers avantages se substitua le douaire. C'est une donation par laquelle l'époux, avant le mariage, assure à sa femme, en cas de survie, une part de ses biens propres, soit en propriété, soit en usufruit. Le douaire peut s'élever, dans ce dernier cas, à la

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