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Bernart-Arnaut de Montcuc, Ancmais Ion gen, R. IV

7. Sordel, édit. de Lollis, Aissi ciim îesaurs, vers 1245-1270.

8 l'amour et la femme en occitanie

aurai aucune tristesse, il vaut mieux mourir que vivre déshonoré ^ ».

a Un homme n*est tenu pour rien, jusqu'à ce qu'il ait donné et reçu maints coups...

« Je vous dis que manger, boire et dormir ne me sont pas aussi agréables que d'ouïr des deux côtés crier : sus ! et d'entendre les chevaux abandonnés hennir dans la forêt et les chevaliers appeler au secours et de voir tomber petits et grands dans l'herbe des fossés, et les morts avec les tronçons de lance et leurs pennons à côté d'eux...

« Quand le combat en viendra à la mêlée, qu'aucun homme de haut parage ne songe qu'à fendre têtes et bras, car mieux vaut mourir que vivre vaincu ^ 1 »

Seulement, pour vaincre, il n'est pas séant de profiter des hasards de la lutte. Pendant le duel de Roland et d'Olivier, l'épée de ce dernier se brise ; Roland s'arrête, se couche pour se délasser un instant ; son adversaire, à genoux, lui donne à boire. Un écuyer, qui lui apporte une seconde épée, veut en frapper Roland pendant qu'il se désaltère ; mais Olivier le terrasse ; puis les deux preux reprennent leur combat loyal ^ Ferragus, dans son combat contre Roland, tombe de fatigue et s'endort ; et son ennemi place une pierre sous sa tête, en guise d'oreiller. Ogier fait de même pour Bréhus *. Olivier 5, à cheval, en tenue de bataille, s'avance vers Fierabras qui repose tranquillement sous un arbre. Il l'aide à revêtir son armure, puis ils se précipitent l'un sur l'autre. Olivier est blessé, Fierabras offre de le guérir soudain avec un baume miraculeux qu'il possède ; par point d'honneur, le paladin refuse. Peu après, il est démonté ; son adversaire lui offre son propre cheval et, comme Olivier ne veut pas l'accepter, l'autre héros met pied à terre pour continuer le combat à armes égales.

§ 3. La chevalerie romanesque.

Ivres de leur vaillance et sûrs de leur force, de tels hommes cherchaient noise de préférence aux plus puissants, car ils se jugeaient de taille à les abattre, et, par orgueil beaucoup plus que par humanité, ils s'érigeaient en protecteurs de la veuve, de l'orphelin, de l'opprimé,

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