Savj-Lopez, Trovaîori e podiy p
4. Montanhagol {Nuls om no val) i « L'amour fait vivre dans la droiture. •
64 l'amour et la femme en OCCITAl
A. le Chapelain, I, cap. iv : « L'amour améliore l'I or^ieilleiix modestes [superbos solet quoque hu Comme l'amour est admirable! Il fait briller I'Ik vertus et il lui apprend toutes les bonnes mœurs ! )
Id., I, cap. VI : « En amour, il ne faut pas s'attach plus à celle de la femme qu'à celle de l'homme, m probité des mœurs... Un amant sage ne sera pas rel de celle qu'il aime, si elle se distingue par ses mce de même pour une amante. »
A. le Chapelain, cap. vi, sect. C : « Le parfait amant( aux pauvres, ne blasphémer ni Dieu ni les saints, (/iwmi7i5) et se tenir prêt à rendre service à tout le mo les méchants, mais tâcher de les améliorer par d( secrètes et, s'il n'y réussit pas, éviter leur compa querelleur ; n'aimer qu'une femme à la fois. Il ne sonne par de fausses promesses et, s'il a été trom] à force de bons soins, le trompeur à reconnaître son point parler contre les moines ni les clercs ; mais toutes ses forces et avec toute son intelligence, il h et toujours les honneurs qui leur sont dus au non sont les vicaires. Il fréquentera les églises et ent l'office divin, quoique certains croient fort sott( femmes en méprisant les choses de la religion. Il s ses discours et n'enviera la gloire de personne. »
« Amour 2 rend l'homme très sage, joyeux en t de cœur, net comme un faucon, preux et fier plu chrétien en Dieu. »
Enfin, un troubadour anonyme {Breu. d^Am., c tracé le portrait du parfait chevalier, l'achève par ( qui couche açec un tel amant est purifiée de tous ses pé
§ 7. Uamour est un devoir pour Vhon
Source de l'honneur, de la courtoisie, de la verti
une occupation obligatoire. Le premier devoir ici-bc
« Vous aurez beau vous garder de toute faut<
LA FEMME A LE DEVOIR d'aCCUEILLIR l'aMAI
A. le Chapelain, I, vi, A: «Tous les hommes savent qu'( il n'existe ni bien, ni courtoisie, qui ne dérive de l'am* est l'origine et la source de tout bien. Nul homme ne pei de bien, si l'amour ne l'en persuade. »
Guiraut d'Espagne, Pus era suys, R. V, 169 : « Qui pas d'aimer ne peut valoir autant ni ne vaut. »
Raimon de Miraval, dans Bre^^. d'Am., 32131 : « Qui pas d'aimer ne peut être gaillard, ni preux. »
Cercamon, Ouanl l'aura doussa (Annales du Midi, 1905, <( Il est difficil î de rester courtois si on renonce à l'amour.
Br. d'Am., 1*9247 :« En ce monde, nul ne peut vivre a^ sans amour »; t^t 29754 : a On ne peut avoir ni joie, ni j valeur, si on ne s'applique pas à l'amour. »
Bernard de '\'entadorn, M. W., I, 131 : « Tout homme chant, qui n'a pas fixé sa demeure dans la joie et qui n son cœur et ses désirs vers l'amour. »
Pierrequin de la Coupelle, Chanson fas [Hist. litt., X « Quand il n'y aura plus de véritable amour, le i perdu. ))
Bonagiunta, Ben mi credeça [Nann. Man., I, 141) : < vécusse, il me semble, en vérité, que je ne vivais pas, qua sans amour. A vivre sans amour, il n'y a ni joie, ni possibil rir aucun mérite ; c'est pourquoi l'homme qui n'est pa ne cesse de déchoir. »
Detto d'Amore anonyme, Amor si i^uole, Mon. Crest., II : vivrais-je sans amour? Celui qui, dans le monde, se c» amour mène une méchante vie ; il est privé de toute vei pas de vertu sans amour. »
§ 8. La femme a le devoir d'accueillir façorablem V amant pour le pousser dans la voie du bien.
Pour être valeureux, pour être grand, pour être bon, il L'amour n'a pas son but en soi ; il ne vaut que par l'e: courage et de vertu qu'il procure à l'amoureux, et c'est i
et non la passion ou la tendresse, encore moins la femme, qui est l'idéal cherché par le troubadour ^.
La théorie ocritanique dérive d'un complet égoïsme. Si le chevalier respecte son amante, ce n'est pas qu'il croie la femme supérieure à l'homme ; pour avoir le droit de la respecter, il a eu soin de la choisir dans un rang supérieur au sien, parmi les plus dignes, les plus capables de le mener au bien ; c'est pour lui qu'il l'aime, pour l'intérêt de son âme ; en l'aimant, il n'est pas mû par une impulsion irrésistible et aveugle, il se conforme à un devoir. De cette obligation de l'homme découle pour la femme une règle analogue : elle doit permettre qu'on l'aime, puisque l'amour est pour le chevalier le vrai moyen de parvenir à la vertu ; il faut qu'elle l'encourage dans ses sentiments et s'en montre digne par ses propres mérites. iT A. le Chapelain, I, vi, G : « Les hommes ne peuvent rien être et rien faire de bien que par le conseil des femmes. Tout semble venir d'elles, et Dieu leur a accordé de grands privilèges ; on dit qu'elles sont la source et l'origine de tous les biens. Le devoir leur incombe donc évidemment de se montrer telles que les qualités des gens de bien croissent, grâce à elles, de toutes manières, de vertus en vertus ^.,,
« Il est donc clair que nous devons tous travailler de toutes nos forces à servir les dames, pour pom^oir briller, grâce à elles. Et elles sont tenues de s'appliquer à maintenir dans la voie du bien les gens de bien et d'honorer chacun suivant ses mérites. Car tout ce que nous faisons ou disons de bien dans notre vie, nous le rapportons à la louange des femmes et nous le faisons à leur service, pour pouvoir jouir de leurs récompenses, sans lesquelles nul ici-bas ne peut gagner en mérite, ni se montrer digne de louange... »
Ibid., I, VI, A : « L'homme ne peut bien faire sans les conseils d'Amour, dit le marchand à la marchande dont il sollicite les faveurs. C'est pourquoi tu dois m'accorder l'amour dont je te requiers pour me permettre de bien faire et de vivre conformément au bien, grâce à toi. » — (( Il faut que ceux qui aiment soient aimés, » dit ailleurs le môme à la femme noble : Qui amat, ametur.
Si la femme repousse l'amant, elle lui enlève le moyen de s'élever dans la voie de la perfection ; elle manque à son devoir et ^^ole les lois divines et Tiiimaines ; elle en sera punie dans ce monde et dans l'autre. « Si, avant l'année nouvelle, dit Arnaut Daniel [En cest sonet)^ elle ne compense pas ses rigueurs par un baiser, elle me tue et se
1. Telle est au moins la formule la plus élevée de la théorie occitanique ; aous verrons (I, ch. ix, § 4) que bien des troubadours aiment l'amour pour l'amour.