Le Tumbeor Noslre-Dame, Rom., 1873, p
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s'emparent de son ànie ; mais la mère de Dieu obtient de son Fils la grâce du frocard ; il est renvoyé sur terre pour y mener une meilleure vie et gagner le ciel par la pénitence.
Dans ces prières d'un débauché à la Vierge il n'y a pas d'ironie, et il ne faut pas en chercher davantage chez le conteur. En ces simples récits s'exprime une foi profonde à laquelle le ciel se montre indulgent. Comme le moine, comme le larron, le bon troubadour demande à Dieu aide et protection dans Taccomplissement de ses iniquités, auxquelles il n'entend point malice. Après avoir tracé le modèle du parfait chevalier, le poète affirme, dans la candeur de son âme : une daine qui œuche a^ec un tel amant est purifiée de tous ses pécfiés^l
Cercamon, Ab la pascor {Ann. du Midi, 1905): « Saint Sauveur,^! fais que je sois hébergé là-bas, dans le royaume où vit ma damei> la plus belle, et qu'en l'embrassant nos promesses s'accomplissent ; et au jour elle s'en retournera, ma conquête, en dépit du mari jaloux. »
/(i., Pueis nostre tems, ibid. : « Je la vois rarement, que Dieu me donne de jouir d'elle ! »
Arnaut Daniel, En ccst sonet : « Je fais célébrer mille messes, je fais brûler des cierges et des lampes pour que Dieu me fasse payer iT*es serv*ic^s par celle que j'aime en vain...
a Si, avant l'année nouvelle, elle ne compense jias ses rigueurs par un baiser, elle me tue et se coiwlanme à l'enfer. »
Jd.j Doutz bra-is e crutz : «Que le Dieu bienveillant qui pardonna ses fautes à l'aveugle Longin permette que ma dame et moi nous couchions dans la chambre où nous nous sommes donné un tendre rendez- vous, ce rendez- vous dont j'attends une si grande joie, oelle de dévêtir son beau corps en le baisant et en riant et de le contempler sous la lumière de la lampe ! »
Rambaut d'Omnge, Escotatz, R. II, 250 : « Il y a bien quatre mois, et ils me semblent longs comme mille années, qu'elle m'a promis de m'accorder ce qui m'est le plus cher... Dieu aide, in nomine Patris et FUii et Spiritus Sancti, ce qui sera, Dame ! »
Aimeric de Belmont, Ja n'er credutz, R. V, 7 : « Pour elle, j'ai abandonné ma terre... Ma dame est toute ma richesse... Que Dieu m'accorde de jouir de son amour et le roi Philippe sera mon vassal, i* Uc de Saint-Cire, Longamen ai atenduda [Parnasse occit., 163) : « Dieu sait aider celui qu'il aime ; il m'a aidé longtemps, car il m'accordait le trésor de votre joie, ô vous que maintenant j'ai perdue ! Ah ! Dieu ! cette joie me plaisait tant et me rendait si heureux ;